Législatives 2016: Ce qu'il faut savoir avant d'aller voter

Le nombre d'observateurs mobilisés, les inscriptions en masse des citoyens, la présence des salafistes et des femmes dans les listes électorales... Les faits marquants de ces élections 2016.

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Crédit : Yassine Toumi / TELQUEL

Ce vendredi 7 octobre, les Marocains inscrits dans les listes électorales sont invités à se diriger vers les bureaux de vote pour départager les candidats aux législatives 2016.  Ce deuxième scrutin depuis la nouvelle constitution de 2011 est marqué par un affrontement entre deux favoris au scrutin. Le PJD, qui conduit la coalition gouvernementale et le PAM, classé deuxième lors des élections locales et régionales de 2015. L’Istiqlal, qui s’était classé deuxième en 2011 a aussi toutes ses chances de figurer en bonne place et pourrait même créer la surprise. La campagne électorale a été marquée par de vifs échanges entre les patrons du tracteur et de la lampe. Lors d’un meeting du PJD à Tanger, Abdelilah Benkirane a accusé Ilyass Elomari, secrétaire général du PAM d’être « un menteur ». De son côté, Elomari a accusé le PJD « d’avoir tout vendu dans ce pays ».

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« Un scrutin libre et honnête »

Comme à chaque élections,  le parti Annahj Addimocrati et les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane ont annoncé leur intention de boycotter le scrutin. A ces deux la, c’est ajouté une troisième formation cette année:le Parti libéral. Les législatives de 2016 sont aussi marquées par le désormais célèbre concept de « Tahakoum » (mainmise), dénoncé par le PJD et le PPS, alliés au gouvernement et qui ont d’ores et déjà annoncé leur intention de poursuivre leur collaboration si leurs formations sortent victorieuses du scrutin. Abdelilah Benkirane, qui avait appelé à la vigilance des citoyens pour que le scrutin se déroule correctement, a toutefois indiqué, dans une interview à Akhbar Al Yaoum le 5 octobre, que « ces élections seront transparentes ».  « Sa Majesté nous a donné officiellement des garanties. Je ne devrais peut être pas le dire, mais le ministre de l’Intérieur nous a confié que le roi lui a lancé : “Je ne vous lâcherai pas”. Sa Majesté suit de près les élections », a-t-il assuré au quotidien.  Une manière de rassurer, surtout après les déclarations choc du ministre de la Justice et membre dirigeant du PJD, qui s’était inquiété de l’organisation du scrutin manière à peine voilée.

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Dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique, le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad a pour sa part affirmé que « les listes électorales sont systématiquement vérifiées bureau de vote par bureau de vote et transmises aux partis politiques et que les urnes sont transparentes ». Et d’ajouter que « le scrutin sera libre et honnête ». 

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4000 observateurs accrédités

Pour assurer cette transparence, 4000 observateurs nationaux et internationaux ont été accrédités, parmi lesquels se trouvent 92 étrangers. L’ensemble de ces observateurs seront chargés de contrôler la la tenue « en toute indépendance et neutralité » des élections, depuis le début de la campagne électorale, jusqu’à la proclamation officielle des résultats, en passant par le jour du scrutin.

De son côté, le coordinateur du Collectif associatif pour l’observation des élections, Kamal Lahbib nous a assuré que son association « mettra en place 758 observateurs ».

Fait inédit pour ces élections, le PJD a décidé d’assigner un observateur formé par le parti dans tous les bureaux de vote du royaume.

15,7 millions inscrits dans les listes électorales

Le nombre de personnes inscrites dans les listes électorales pour ces législatives est de 15,7 millions d’inscrits dont 55%  d’hommes et 45 % de femmes. Ce chiffre dépasse celui des listes électorales et des élections législatives de 2011 qui a été fixé à 13 475 435 personnes.

Des plaintes pour des présumées irrégularités ont été également enregistrées par la commission de supervision des élections. Selon les chiffres de cette instance présidée conjointement par les ministère de l’Intérieur et de la Justice, 110 cas de plaintes ont été traités contre 490 cas enregistrés en 2011 et 1240 lors des élections de 2015.

Des candidatures salafistes

Outre le parti de la Renaissance et de la vertu (PRV), des salafistes ont décidé, pour ce scrutin, de se présenter avec des partis politiques pour faire entendre leur voix. L’ex-salafiste Abdelwahab Rafiqi (Abou Hafs) et Hicham Temsamani se sont présentés respectivement à Fès et à Tanger sous les couleurs de l’Istiqlal. Hamad Kabbaj, qui devait concourir à Marrakech sous la bannière du PJD, a vu sa candidature invalidée par le ministère de l’Intérieur.

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Plus de présence féminine ?

Seuls deux partis politiques ont décidé de mettre des candidates en avant. Dans sa liste consacrée aux jeunes, le PPS a tenu à respecter le principe de parité en présentant le même nombre de femmes et d’hommes. Quant au PAM, la liste des jeunes est 100% féminine et six candidates sont tête de liste pour les listes locales.

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