Abdelilah Benkirane: «Sa Majesté suit de près les élections»

Abdelilah Benkirane: « Je crois que ces élections seront transparentes, Sa Majesté nous a donné officiellement des garanties. » 

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Abdelilah Benkirane © Yassine Toumi

Abdelilah Benkirane continue sa tournée dans les rédactions. Il a accordé une longue interview à notre confrère Akhbar Al Yaoum, dans sa livraison du 5 octobre. Le chef du gouvernement sortant y revient sur ses relations avec l’entourage royal, les ambitions de son parti et y livre son appréciation sur le déroulement de la campagne électorale. « Je crois que ces élections seront transparentes, Sa Majesté nous a donné officiellement des garanties (…) Je ne devrais peut être pas le dire, mais le ministre de l’Intérieur nous a confié que le roi lui a lancé : “Je ne vous lâcherai pas”. Sa Majesté suit de près les élections » détaille le chef du gouvernement.

Abdelilah Benkirane apporte aussi des précisons sur les déclarations qu’il a données à l’agence espagnole EFE, où il a affirmé qu’il fait allégeance à la monarchie tout en refusant de ployer l’échine. « Ce qui nous lie à l’institution monarchique, c’est la religion et la Constitution, mais est-ce que cela veut dire qu’il nous faut toujours dire oui ? » s’interroge le chef du gouvernement.

Répondant à une question sur la transparence du scrutin, le chef de file du PJD n’a pas raté l’occasion pour lancer des piques à ses adversaires, en déclarant qu’il est « le chef » et « cela veut dire qu’il doit être consulté dans les grandes questions ». Et de rajouter : « Nous avons arrangé ça [les préparatifs pour les élections, NDLR], moi et MM Hassad, Draiss et Ramid, malgré quelques anicroches, mais généralement les choses se sont bien passées. »

Le choix des ministres

Benkirane est également revenu sur le processus de désignation des ministres lors de la Constitution du premier cabinet en 2011. « Au début, je voulais proposer Mustapha Benhamza (aux Affaires islamiques) mais il a refusé, puis j’ai voulu proposer Saâdeddine El Othmani, mais il a refusé une nouvelle fois » raconte le chef du gouvernement.

Selon Benkirane, c’est finalement Zoulikha Nassri, ancienne conseillère royale, qui lui a recommandé Ahmed Toufiq à la tête du ministère des Habous et des affaires islamiques : « Quand la conseillère de Sa Majesté est venue me voir avec le nom de Toufiq, j’étais content, parce que c’est un ami, un homme pieux et un intellectuel », confie-t-il.

« Je reconnais que la FGD est un acteur politique sérieux »

Dans cette longue interview, le secrétaire général du PJD a évoqué les éventuelles alliances, avouant ignorer tout des intentions de son ancien allié Hamid Chabat. Il en a profité également pour dire tout le bien qu’il pense de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), l’alliance menée par Nabila Mounib. Pour Abdelilah Benkirane, malgré ses critiques à son encontre, la FGD est un acteur politique sérieux : « Idéologiquement, tout nous sépare, mais politiquement, j’avoue c’est un acteur politique sérieux » déclare-t-il.

« S’ils nous critiquent, c’est leur affaire, mais ils n’ont pas été parachutés, ils viennent du peuple et semblent propres et sérieux. Il est dans l’intérêt général qu’ils soient présents au Parlement » explique Abdelilah Benkirane. « Il y a une différence entre une personne sérieuse et correcte et les mercenaires qui courent derrière l’argent », assène-t-il. Ces déclarations rappellent une ancienne sortie de Benkirane. Il avait affirmé peu après les communales en 2015 que « le parti de Mounib aura son mot à dire dans l’avenir ».

 

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