Fakir : la mort filmée qui fracture l'Italie

Il criait "à l'aide". Abderrahim Fakir est mort attaché, face contre terre, sous les yeux de secouristes immobiles. L'affaire embrase Bologne, divise la classe politique italienne et pousse Rabat à hausser le ton.

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Abderrahim Fakir, Marocain de 42 ans établi en Italie depuis l’enfance, est mort dimanche 19 juillet, dans le quartier populaire du Pilastro à Bologne, sous le poids de deux policiers qui l’immobilisaient face contre terre. Le drame s’est joué au terme d’une intervention routinière. Chef d’une entreprise de manutention à Sasso Marconi, il s’est rendu ce matin-là dans la via Svevo pour rendre visite à des proches. Signalé comme étant en état d’agitation, il n’est ni armé ni recherché. Une patrouille et une ambulance sans médecin sont dépêchées. Quarante minutes plus tard, il ne respire plus.

Les deux agents, âgés de 23 et 28 ans, utilisent une bombe lacrymogène puis plaquent le quadragénaire au sol, poignets et chevilles sanglés. Une troisième personne, torse nu, tient ses chevilles. Fakir hurle « au secours, arrêtez » à plusieurs reprises. Sur les images qui ont fait le tour des réseaux sociaux, quatre secouristes de la Croix-Rouge assistent à la scène sans réagir. Le mercure dépasse 35 degrés.

Le parquet de Bologne a ouvert une information judiciaire et ordonné une autopsie. Six personnes sont visées par la procédure — les deux policiers et les quatre secouristes —, sans être formellement mises en examen. La qualification retenue est celle d' »homicide involontaire ».

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