Fès : fin de l’instruction dans l’affaire de l’effondrement des immeubles d’Al Massira

Le juge d’instruction de la première chambre de la Cour d’appel de Fès a achevé, mercredi, les interrogatoires approfondis de huit prévenus poursuivis en détention et de onze autres poursuivis en liberté, parmi lesquels le président de l’arrondissement de Zouagha, Ismaïl El Jay (Istiqlal), et son vice-président Abdellah El Hadaf (RNI). Ils sont mis en cause dans le cadre de l’effondrement de deux immeubles du lotissement Al Moustaqbal, dans le quartier Al Massira, une catastrophe survenue en décembre dernier qui avait fait 22 morts et 16 blessés.

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Selon une source informée citée par TelQuel Arabi, le juge d’instruction a transmis le dossier au procureur général du Roi afin qu’il présente ses réquisitions définitives, avant le renvoi éventuel des suspects devant la chambre criminelle.

En avril dernier, le même juge d’instruction avait décidé de poursuivre huit personnes en détention provisoire dans le cadre de l’enquête ordonnée par le parquet général près la Cour d’appel de Fès.

La liste des personnes poursuivies, obtenue à l’époque par TelQuel Arabi, comprenait des agents d’autorité, des fonctionnaires communaux et des entrepreneurs. Figurent notamment Mohamed Badoui et Azouz Laghdar, propriétaires initiaux des deux immeubles effondrés, Abdelmajid Mohtal, fonctionnaire au service de légalisation des signatures, ainsi que Toufik Najji, fonctionnaire communal exerçant les fonctions d’officier d’état civil.

La liste comprend également Ahmed Ghanemat et Noureddine Bouyibrane, deux agents d’autorité au grade de cheikh, ainsi que Noureddine Raoui, entrepreneur et intermédiaire immobilier actif dans l’arrondissement de Zouagha. Tous ont été placés à la prison locale de Bourkaïz.

En parallèle, le juge d’instruction a décidé de poursuivre onze autres personnes en liberté, dont le président de l’arrondissement de Zouagha, Ismaïl El Jay (Istiqlal), ses deux vice-présidents Abdellah El Hadaf (RNI) et El Khammar Samouh (PAM), ainsi que des agents d’autorité, des notaires et des ingénieurs.

Dans un communiqué diffusé précédemment aux médias, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès avait indiqué que les investigations techniques et judiciaires avaient conduit à la poursuite de 21 personnes, dont huit placées en détention provisoire, tandis que l’enquête se poursuivait à l’encontre des autres mis en cause laissés en liberté.

Le communiqué précisait que les investigations, fondées sur les constatations de terrain et les expertises techniques, avaient mis en évidence de graves irrégularités dans les travaux de construction, notamment l’édification d’étages supplémentaires sans autorisation, l’utilisation de matériaux de construction de récupération, ainsi que la cession illégale de droits de surélévation.

Les enquêteurs ont également relevé l’établissement de contrats de vente en dehors du cadre légal ainsi que la délivrance de certificats d’habitation en violation de la réglementation en vigueur, révélant, selon le parquet, de graves dysfonctionnements dans la gestion du secteur de l’urbanisme.

Au vu de ces éléments, le ministère public a demandé l’ouverture d’une information judiciaire contre les personnes concernées, soupçonnées d’être impliquées dans plusieurs infractions graves, notamment l’homicide et les blessures involontaires, la corruption, la disposition d’un bien incessible et la délivrance irrégulière de certificats administratifs.

Le parquet a enfin assuré qu’il continuerait à suivre ce dossier de près, en veillant à la bonne application de la loi et en informant l’opinion publique des développements de cette affaire, qui a remis sur le devant de la scène la problématique des constructions illégales et des responsabilités des différents intervenants dans le secteur de l’urbanisme.

Pour rappel, la catastrophe s’est produite en décembre 2025, lorsque deux immeubles du lotissement Al Moustaqbal, dans le quartier Al Massira à Fès, se sont effondrés, faisant 22 morts et 16 blessés. Les investigations techniques avaient mis en évidence de graves irrégularités, notamment la construction d’étages supplémentaires sans autorisation, l’utilisation de matériaux de récupération et plusieurs manquements aux règles d’urbanisme, conduisant à l’ouverture d’une information judiciaire visant 21 personnes.