Tunnels du haschich : une réunion secrète entre agents de la Guardia Civil et suspects dans le viseur de la justice

La Cour nationale espagnole s'apprête à entendre un responsable de l'Unité centrale opérationnelle de la Garde civile (UCO), dans une démarche qui pourrait éclaircir les circonstances d'une rencontre entre deux agents de cette unité d'élite et les principaux suspects impliqués dans le réseau des « tunnels du haschich » reliant le Maroc à Sebta occupée.

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Selon des informations publiées par le journal El Faro de Ceuta, la juridiction a autorisé cette audition malgré l’opposition du ministère public, après avoir accepté le recours introduit par la défense de l’un des mis en cause. L’objectif est de préciser la nature de cette réunion, repérée par l’Unité antidrogue et de lutte contre le crime organisé de la Police nationale espagnole (UDYCO) dans le cadre de sa surveillance de l’affaire.

Les faits remontent au 2 avril 2025, date à laquelle deux agents de l’UCO ont rencontré un ancien garde civil ainsi qu’un autre suspect, présenté comme le propriétaire présumé des entrepôts où deux tunnels destinés au trafic de haschich ont été découverts dans la zone de Tarajal, à Sebta.

Les enquêteurs de l’UDYCO avaient photographié cette réunion et identifié les deux agents sous les appellations « Inconnu 1 » et « Inconnu 2 », avant d’établir par la suite qu’ils appartenaient à l’UCO, une unité spécialisée dans les enquêtes complexes, notamment les dossiers de corruption et de criminalité organisée.

Le témoignage attendu du responsable de l’UCO devrait permettre de préciser la mission confiée aux deux agents, les raisons de leur rencontre avec les suspects, les autorités informées de ces contacts, ainsi que l’éventuelle existence d’une enquête parallèle dans laquelle ces réunions auraient été organisées.

Un document rédigé par l’UDYCO indique que les deux agents se sont rendus sur les lieux à bord d’un véhicule de location. Les investigations ont ensuite révélé que celui-ci avait été loué par la Direction générale de la Garde civile.

Toujours selon cette source, l’identité des deux agents n’a été confirmée que le 11 avril, soit neuf jours après la réunion. Entre-temps, l’UDYCO avait constaté un chevauchement entre sa propre enquête et une autre investigation menée par le service des Affaires internes concernant l’un des mêmes individus.

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Dans son rapport, l’unité affirme n’avoir reçu aucune notification officielle ni coordination préalable, via le Centre de renseignement contre le terrorisme et le crime organisé (CITCO), concernant cette réunion ou la participation des deux membres de l’UCO.

L’UDYCO indique également que l’enquêteur chargé du dossier a reçu un appel d’une personne se présentant comme commandant de la Garde civile, l’informant que les deux individus observés étaient des agents des forces de sécurité. En revanche, ni la date de cet appel, ni son numéro, ni le moyen de communication utilisé n’ont pu être déterminés.

Cette audition revêt une importance particulière pour la défense des prévenus, puisqu’elle pourrait établir si l’ancien garde civil et le suspect présenté comme propriétaire des tunnels étaient de simples cibles de l’enquête ou s’ils remplissaient un autre rôle dans le cadre d’une coopération sécuritaire non divulguée.

Elle devrait également permettre de déterminer si les plus hauts responsables de la sécurité étaient informés des déplacements des deux agents et d’expliquer pourquoi aucune coordination n’a été mise en place avec l’équipe de l’UDYCO, alors que celle-ci avait déjà considérablement avancé dans le démantèlement du réseau, la saisie de stupéfiants et l’identification de soupçons d’implication ou de complicité de membres des forces de sécurité.

Ce nouveau développement intervient dans le cadre des investigations liées à cette opéartion, qui a conduit à la découverte d’un deuxième tunnel de trafic de haschich entre le Maroc et Sebta, passant par un entrepôt commercial situé dans la zone de Tarajal.