La liberté d’expression n’est pas un crime ». Sous un soleil de plomb, les pancartes se lèvent une à une devant le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ, à Casablanca. De l’autre côté des voies du tramway, entre 100 et 150 personnes ont répondu mercredi matin à l’appel de la section Bernoussi de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) pour soutenir le rappeur et réalisateur El Mahdi Lyoubi, alias Mehdi Black Wind. Jeunes fans et militants des droits humains attendent ensemble l’ouverture de la première audience de l’artiste, détenu depuis le 15 juillet à la prison d’Oukacha.
Les premiers slogans fusent rapidement : « Mehdi n’est pas seul, nous continuerons le combat », « Le peuple veut la liberté d’expression », « Free Mehdi », « Free Lyoubi ». Sur une banderole noir et blanc de plusieurs mètres, un message : « L’art ne naît pas dans les cellules et la liberté ne meurt pas derrière les barreaux ». D’autres reproduisent intégralement l’article 25 de la Constitution, qui garantit les libertés d’opinion, d’expression et de création artistique. La police observe la scène sans intervenir.
“Nous voulons être entendus”
Pour Mehdi venu de Rabat, le déplacement s’imposait. « Nous sommes venus uniquement pour soutenir Mehdi. Cela fait trois ou quatre ans qu’on l’écoute et on ne voulait pas qu’il traverse cette épreuve seul », indique-t-il. Anass, originaire de Casablanca, abonde dans le même sens : « Je suis là d’abord pour défendre la liberté d’expression, puis pour soutenir notre frère Mehdi Black Wind. J’espère qu’il sera innocenté. Nous sommes aussi là pour rappeler que cette liberté est inscrite dans la Constitution ».
