La phase d’enchantement et de fascination à l’égard de l’IA semble révolue. Place au doute et aux inquiétudes, bien en phase avec notre époque. Ainsi, un sondage du Pew Research Center révèle que plus de la moitié des Américains pensent que l’IA les rendra moins créatifs. Pis, les plus dubitatifs sont précisément ceux qui en sont les plus grands utilisateurs : les jeunes, chez qui cette statistique grimpe à 61%. Globalement, le sondage montre que la confiance s’érode d’année en année, les “citoyens-utilisateurs” se montrant de plus en plus inquiets face à la puissance de l’IA.
Alors, faut-il se réjouir ou s’inquiéter de cette nouvelle perception de l’IA ? En réalité, cette enquête dessine une situation claire : celle d’un public lucide, conscient de la puissance des algorithmes, mais qui tient à garder le contrôle. Comprendre l’IA devient, pour beaucoup, une nouvelle forme d’alphabétisation civique. Un savoir nécessaire pour garder la main dans un monde où l’intelligence se partage désormais avec les machines.
“Une adoption pragmatique, teintée d’une méfiance existentielle : voilà l’équation de notre époque”
L’équation américaine résume celle de notre époque : une adoption pragmatique, teintée d’une méfiance existentielle. L’IA s’installe dans les gestes du quotidien, sans pour autant gagner le droit de penser à notre place. Il est d’ailleurs intéressant de noter tout ce que les sondés refusent de confier à l’IA : leur foi, leurs choix amoureux, leurs décisions politiques… En revanche, ils se montrent tout à fait disposés à lui déléguer la recherche médicale, la lutte contre le crime ou encore les efforts anti-fraude. En tête de ce qui est le plus volontiers délégué : les prévisions météorologiques… Sale temps pour la météo.
