Rafale ou F-35 : quelles différences entre les challengers pour équiper les Forces Royal Air ?

Une vidéo d'un Rafale français "abattant" un F-35 américain lors d'exercices en Finlande a relancé le débat sur la supériorité entre ces deux chasseurs. Au-delà de la performance technique, cette rivalité révèle deux conceptions opposées : polyvalence française contre furtivité américaine. Un enjeu crucial alors que plusieurs pays, dont le Maroc, hésitent entre ces deux philosophies pour moderniser leur flotte.

Par

Le F-35 états-unien, un outil au service de la politique de Donald Trump au Moyen-Orient Crédit: Lockheed Martin

Lors des manœuvres aériennes Trident Atlantic 25, organisées en Finlande en juin dernier, un Rafale français a simulé la destruction d’un F-35A américain lors d’un combat rapproché.

Une vidéo diffusée fin août par l’armée de l’air française montre l’appareil tricolore verrouillant son adversaire furtif grâce à ses capteurs infrarouges, avant de recevoir l’ordre « take the shot ». Très commentée, la séquence a relancé un vieux débat : le Rafale, avion de 4e génération, peut-il rivaliser avec le F-35, vitrine de la 5e génération ?

Deux avions, deux philosophies

Le Rafale, conçu par Dassault Aviation, est réputé pour sa polyvalence. Capable d’effectuer dans la même mission interception, bombardement, reconnaissance et guerre électronique, il a été testé dans plusieurs conflits (Libye, Mali, Irak, Syrie). Son système de guerre électronique SPECTRA et son capteur infrarouge IRST lui donnent une capacité unique à détecter des cibles furtives à courte distance.

Le F-35 Lightning II, produit par Lockheed Martin, mise avant tout sur la furtivité et l’interconnexion. Il n’est pas pensé pour exceller en dogfight, mais pour dominer dans des scénarios de guerre en réseau. Ses capteurs partagent en temps réel des informations avec d’autres appareils et systèmes au sol, ce qui lui permet de frapper en premier, bien avant d’être repéré.

Sur le plan économique, l’écart reste notable :

Rafale : environ 80 millions de dollars l’unité, avec une maintenance jugée plus abordable et souvent assortie de transferts de technologie.

F-35 : entre 100 et 120 millions de dollars pièce, auxquels s’ajoutent des coûts de maintenance élevés et des restrictions américaines strictes sur l’usage et la revente.

Dans un article consacré aux rumeurs d’acquisition marocaine de F-35, TelQuel rappelait que Rabat se trouve à un tournant stratégique. Selon plusieurs sources, Israël aurait levé son veto, ouvrant la voie à une éventuelle commande de 32 appareils pour 17 milliards de dollars sur 45 ans. Mais les experts interrogés insistaient sur les limites budgétaires du Maroc, déjà engagé dans de lourds investissements (F-16 Block 72, hélicoptères Apache, drones turcs Bayraktar et Akinci, satellites espions, etc.)

L’analyse soulignait aussi les implications politiques : le F-35 n’est pas seulement un avion de combat, mais un outil diplomatique dont la vente reste réservée aux alliés stratégiques de Washington. À l’inverse, certains observateurs considéraient cette hypothèse comme irréaliste, estimant que “le Maroc n’en a tout simplement pas les moyens” et que l’acquisition éventuelle serait avant tout une décision politique, non militaire.

à lire aussi