À quoi ressemblera la coopération militaire entre les États-Unis et le Maroc durant la prochaine décennie ? Les équilibres mondiaux se remodèlent sous nos yeux à une vitesse inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) bat de l’aile, des alliances régionales se créent (comme l’AES, l’Alliance des États du Sahel) et la voix de nouveaux acteurs émerge.
Dans cette agitation, Washington et Rabat ont lancé un chantier de restructuration de ce qui peut s’apparenter à une alliance. Ses contours demeurent encore flous, mais se précisent au fil des rencontres et des textes. En avril dernier, une nouvelle feuille de route militaire (2026-2036) a été signée au Pentagone par le ministre délégué chargé de l’administration de la Défense nationale Abdellatif Loudiyi (…) et le sous-secrétaire américain à la Défense Elbridge Colby.
La communication au compte-gouttes autour de cet accord-cadre ne laissait transparaître qu’une volonté commune d’intégration. Mais le 15 juin, la commission des forces armées du Sénat américain a adopté la loi de programmation militaire pour 2027 (National Defense Authorization Act), qui doit encore être votée en séance. Parmi toutes les dépenses qui sont autant de projets que les États-Unis souhaitent mener chez eux et à travers le monde, les sénateurs ont pu apprécier l’existence d’une section entière consacrée au Royaume : le “Plan pour renforcer la coopération de défense avec le Maroc”.
Comme son nom ne l’indique pas, il ne s’agit pas d’une stratégie ferme et définitive, mais de pistes. Dans les 180 jours suivant la promulgation de la loi — attendue d’ici décembre —, le secrétaire américain à la Défense devra rendre un plan pour accroître la coopération militaire entre les États-Unis et le Maroc. 180 jours pour repenser l’entente entre les forces de défense des deux pays.
