Cet article prévoit une peine de six mois à deux ans d’emprisonnement et une amende de 20.000 à 200.000 dirhams, ou l’une de ces deux peines seulement, à l’encontre de toute personne reconnue coupable de diffamation, d’injure, d’atteinte à la vie privée du roi ou du prince héritier, ou de manquement au devoir de respect et de déférence envers le roi.
Il prévoit également une peine de trois mois à un an de prison et une amende de 10.000 à 100.000 dirhams, ou l’une de ces deux peines seulement, pour toute personne ayant commis une diffamation, une injure ou une atteinte à la vie privée des membres de la famille royale visés par l’article 168 du Code pénal.
Les peines prévues dans les deux alinéas précédents sont doublées lorsque les faits sont commis par le biais de discours, de cris ou de menaces prononcés dans des lieux ou rassemblements publics, d’affiches exposées au public, de la vente ou de la distribution, ou par tout moyen répondant au critère de publicité, y compris les supports électroniques, imprimés et audiovisuels.
L’affaire remonte au 10 juillet, lorsque Mehdi Black Wind, qui réside à Marseille (France), s’est vu interdire de quitter le territoire marocain où il venait de passer quelques jours de vacances avant de rentrer en France. Il avait alors reçu une convocation officielle l’invitant à se présenter devant la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ).
Conformément à cette convocation, le rappeur s’est présenté devant les enquêteurs de la BNPJ à Casablanca le lundi 13 juillet, et a été placé en garde à vue.
À l’issue de cette mesure, après son audition et l’établissement des procès-verbaux, Mehdi Black Wind a été présenté au parquet de Casablanca. Mercredi 15 juillet, celui-ci a décidé de le poursuivre en état de détention et de le placer en prison, avant de le renvoyer, le même jour, devant la chambre correctionnelle de flagrant délit du tribunal correctionnel.
Lors de l’audience du 15 juillet, le tribunal correctionnel de Casablanca a décidé de reporter l’examen de l’affaire au 22 juillet.
L’artiste a reçu le soutien de plusieurs rappeurs, et plus de 500 personnes ont signé une tribune appelant à sa libération.
L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a également appelé à sa libération, estimant que « les poursuites visant des artistes, des créateurs, des journalistes, des blogueurs et des militants en raison de leurs opinions ou de leurs œuvres créatives constituent une violation flagrante de la Déclaration internationale des droits de l’homme ainsi que des dispositions du Titre II de la Constitution ».
Plusieurs figures de la scène rap étaient également présentes au tribunal correctionnel de Casablanca lors de l’audience du 15 juillet pour lui apporter leur soutien.
