Mary Robinson, ancienne présidente d’Irlande, et Helen Clark, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande, se sont rendues en Israël, dans les Territoires palestiniens, en Jordanie et au Liban.
Dans un communiqué publié vendredi, elles estiment que le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu cherche « à faire disparaître la Palestine physiquement, économiquement, culturellement et politiquement ».
« Si l’on devait résumer le message clé qui ressort des témoignages de la société civile, tant en Cisjordanie qu’ici, quant à ce qu’elle attend, ce serait de rendre des comptes et la fin de l’impunité », a décrit Helen Clark, lors d’un échange avec des journalistes jeudi à Jérusalem.
« J’ai honte que l’Union européenne n’ait pas adopté une position plus ferme », a abondé Mary Robinson, appelant Bruxelles à suspendre le volet commercial de son accord d’association avec Israël et à interdire le commerce avec les colonies.
Les deux responsables ont affirmé avoir constaté une forte dégradation de la situation en Cisjordanie occupée depuis une précédente mission en 2023, Mary Robinson estimant que la violence des colons était devenue « systémique ».
Ces deux anciennes dirigeantes politiques ont averti que la poursuite de la colonisation ferait que « la Palestine disparaîtra sous nos yeux ».
Depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza, les Nations unies font régulièrement état d’une forte augmentation des violences attribuées à des colons, tandis que plusieurs ministres israéliens appellent à l’annexion de tout ou partie de la Cisjordanie.
L’ONG anti-colonisation La Paix Maintenant a d’ailleurs établi que depuis son entrée en fonction, le gouvernement Netanyahu a approuvé la création de 102 colonies en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 où vivent environ 500.000 colons israéliens et trois millions de Palestiniens.
Les colonies sont illégales selon le droit international.
Les deux anciennes dirigeantes se sont également entretenues avec le président israélien Isaac Herzog, constatant un désaccord « sur un certain nombre de points », selon Mary Robinson.
Notant que M. Herzog regrettait l’absence « de véritable compréhension du traumatisme du 7-Octobre », elle a répété que les Elders condamnaient « à tous les égards » cette attaque sans précédent.
En août 2025, elles s’étaient rendues en Egypte à la frontière avec le sud de la bande de Gaza, pour alerter sur les risques de famine dans le territoire côtier palestinien dévasté par la guerre entre le Hamas et Israël.
(avec AFP)
