Le lancement a eu lieu à la prison de Tamesna, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rabat, à l’occasion du dixième anniversaire du programme « Moussalaha » (« Réconciliation »), destiné aux détenus condamnés pour terrorisme et extrémisme ayant exprimé des regrets et révisé leurs convictions.
Ce nouveau programme « s’inscrit dans la continuité et le renforcement de l’approche nationale en matière de prévention de l’extrémisme violent, de réhabilitation et de réinsertion », afin de « favoriser une réintégration sûre et responsable au sein de la société », a déclaré le président du Centre Moussalaha, Ahmed Abbadi.
La première promotion est composée de 21 détenus condamnés pour des faits liés au terrorisme et revenus de zones de conflit, dont la majorité provient de la région du Sahel.
Selon le Centre Moussalaha, ces détenus nécessitent un suivi spécifique et un accompagnement de longue durée, contrairement au programme lancé il y a dix ans, dont la formation s’étend sur trois mois.
En 2017, le Maroc a mis en place le programme Moussalaha, devenu l’un des piliers de sa politique pénitentiaire. Il est piloté par la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), avec la participation de théologiens, d’experts de différents domaines ainsi que d’institutions religieuses et de défense des droits humains.
Au cours de la dernière décennie, le programme a permis de réhabiliter 456 détenus, dont 14 femmes, condamnés pour diverses infractions liées à la législation antiterroriste. Parmi eux, 73,6 % ont ensuite bénéficié d’une grâce royale accordée par le roi Mohammed VI après avoir exprimé leur repentir et renoncé à leurs idées extrémistes.
Ahmed Abbadi a indiqué qu’aucun cas de récidive n’avait été enregistré parmi les bénéficiaires libérés. Il a également souligné que plusieurs anciens détenus sont devenus, après leur formation, des éducateurs et des personnes-ressources auprès d’autres détenus souhaitant intégrer volontairement le programme.
La formation repose sur trois axes principaux : un accompagnement psychologique, des ateliers religieux visant à déconstruire le discours jihadiste et à promouvoir une interprétation de l’islam fondée sur le principe du « juste milieu » défendu par le Maroc, ainsi qu’une formation aux valeurs civiques.
Parmi les doctrines remises en question figurent notamment celles prônant l’instauration d’un État islamique fondé sur la charia, ainsi que le concept d’« al-wala wal-bara » (« loyauté et désaveu »), utilisé par les groupes extrémistes pour justifier leur allégeance religieuse et leur rupture avec la société.
Selon les données de l’administration pénitentiaire marocaine, 677 personnes sont actuellement détenues au Maroc pour des affaires liées au terrorisme et à l’extrémisme.
(avec EFE)
