Hydrogène vert : l'“offre Maroc”, un levier pour stimuler les investissements, selon Benali

Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, le 9 décembre 2024 au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Dans le cadre de sa stratégie nationale de transition énergétique, le Maroc mise résolument sur l’hydrogène vert comme levier de souveraineté énergétique et de développement durable. Cette ambition s’accompagne d’un programme structuré et incitatif visant à attirer les investissements, et positionner le Royaume comme un acteur majeur dans la production de cette énergie propre et d’avenir.

L’’offre Maroc’ en matière d’hydrogène vert constitue un levier majeur pour stimuler les investissements dans les domaines des énergies renouvelables, du dessalement de l’eau et de la production d’hydrogène vert et de ses dérivés. Elle permettra également le développement des infrastructures nécessaires à la réussite de ce chantier stratégique, a affirmé, lundi à Rabat, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali.

Répondant à une question orale à la Chambre des représentants concernant les mesures prises pour renforcer la souveraineté énergétique du Maroc via la production d’hydrogène vert, la ministre a précisé que ce projet s’inscrit dans le cadre des orientations royales. Il couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, en intégrant à la fois le cadre réglementaire et institutionnel, ainsi qu’un programme d’infrastructures essentielles.

Sept projets d’hydrogène vert en développement

Ce programme repose sur une approche intégrée, pragmatique et transparente, offrant aux investisseurs une vision claire et cohérente. À ce titre, près d’un million d’hectares ont été identifiés pour son déploiement, dont 300.000 hectares mobilisés lors de la première phase au profit des porteurs de projets.

La ministre a également souligné que le dispositif prévoit des mesures incitatives en matière d’investissement, de fiscalité et de douanes, afin de favoriser la concrétisation des projets. Le rythme de mise en œuvre s’est accéléré, avec la sélection de six consortiums d’investissement nationaux et internationaux pour développer sept projets d’hydrogène vert dans les régions de Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab.

Ces projets ambitionnent de générer environ 20 gigawatts d’énergie renouvelable, dont 10 gigawatts seront dédiés à l’électrolyse, et de produire quelque 8 millions de tonnes de dérivés d’hydrogène vert, notamment de l’ammoniac vert, du carburant synthétique et de l’acier vert.

En parallèle, ces projets favoriseront la mutualisation des infrastructures, notamment les stations de dessalement alimentées par des énergies renouvelables. Cela permettra de réduire le coût de production de l’eau dessalée, d’optimiser l’utilisation de la ressource hydrique et de renforcer à la fois la souveraineté énergétique et hydrique du pays.

La demande en eau dessalée pour l’ensemble de ces projets est estimée à environ 63 millions de mètres cubes par an. L’hydrogène vert, de par ses nombreuses applications — notamment dans l’industrie chimique et la production d’ammoniac — est ainsi appelé à jouer un rôle central dans la réduction de la dépendance du Maroc aux énergies fossiles importées et dans la transition vers une économie sobre en carbone.

(avec MAP)