Combien vaut un mètre carré au Maroc ? Selon qu’on se réfère aux données notariales, à un portail d’annonces ou à l’administration fiscale, la réponse change du tout au tout, parfois du simple au double. Ce n’est pas un accident statistique, c’est le symptôme d’un secteur resté sans boussole commune, où chaque acteur mesure midi à sa porte.
Le fisc, juge et partie ?
L’instrument le plus proche d’un référentiel officiel reste celui de la Direction Générale des Impôts (DGI), construit avec l’ANCFCC, la FNPI, Bank Al-Maghrib et l’Ordre des Notaires. Il découpe les grandes villes en centaines de zones, jusqu’à la rue près à Casablanca, et affiche un prix moyen actualisé chaque année à partir des actes de vente enregistrés.
Le problème, c’est sa vocation d’origine : calculer l’impôt sur les profits fonciers, pas informer le grand public. La DGI le dit elle-même : ces prix ne sont pas une évaluation de marché et ne sont opposables qu’au fisc. Un outil taillé pour la taxation, habillé en référentiel de prix. Certains acteurs du secteur pointent un autre problème : des prix affichés bien au-dessus de ce qui se transige réellement, plutôt pensés pour sécuriser l’assiette fiscale face au noir que pour refléter le marché.
