Selon Hespress, au cours des discussions, les membres de l’Association ont évoqué la possibilité de saisir le Cabinet royal dans le cadre d’un arbitrage royal. Aucune décision officielle n’a toutefois été arrêtée sur ce point.
Selon la même source, le bâtonnier du barreau de Rabat, Abdelaziz Rouibeh, a expliqué que la poursuite du mouvement tient compte « d’un ensemble de données, d’éléments et d’événements survenus récemment ».
S’exprimant sur la saisine de la Cour constitutionnelle par la Chambre des représentants afin de vérifier la conformité du texte à la Constitution, il a estimé qu’il s’agit d’« une étape importante ». « Nous avons une grande confiance dans cette institution judiciaire, en raison de son rôle et de sa compétence, et nous sommes optimistes quant à sa décision. Mais, en même temps, nous considérons que le véritable problème est d’ordre politique et concerne le gouvernement », a-t-il déclaré.
Selon lui, malgré plusieurs semaines de mobilisation, le gouvernement « n’a pas pris l’initiative de trouver une solution ». Il a également dénoncé ce qu’il considère comme un ciblage de la profession, tant sur le plan législatif que dans le discours public, évoquant « une vision dépréciative de la profession et de son rôle ».
Le bâtonnier a ajouté que « il s’agit d’une situation exceptionnelle dans l’histoire du Maroc. Nous avons connu des gouvernements et des ministres avec lesquels nous avons souvent été en désaccord, mais jamais la violence verbale et législative n’avait atteint un tel niveau. Par conséquent, le gouvernement a commis une erreur à l’égard de la défense ».
Concernant un éventuel recours à l’arbitrage royal, Abdelaziz Rouibeh a confirmé que cette option avait été débattue sans qu’une décision ne soit prise. Il a rappelé que « Sa Majesté le Roi a toujours évoqué, dans ses discours, les principes de sérieux, d’éthique et de réforme. Malheureusement, ils ne nous ont pas laissé l’espace nécessaire pour approfondir cette philosophie royale de la réforme », avant d’ajouter : « Il existe des traditions, des usages et une institution que nous respectons. La réponse viendra en son temps ».
Enfin, le bâtonnier a rejeté les informations selon lesquelles la prolongation de la grève aurait été imposée par certains petits barreaux, assurant que la décision avait été adoptée à l’unanimité à l’issue d’un débat approfondi.
