Leila Benali sur l'efficacité énergétique : “Nous aurions dû lancer ce chantier il y a deux décennies”

La ministre de la Transition écologique, Leila Benali, a reconnu un retard majeur dans la mise en œuvre de la politique d’efficacité énergétique, appelant à un investissement immédiat et une mobilisation de tous les acteurs, y compris les citoyens.

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Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, le 9 décembre 2024 au Parlement.

Lors d’une intervention parlementaire ce mercredi, la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a admis un retard majeur dans la mise en œuvre de la politique nationale d’efficacité énergétique, pourtant définie depuis 2009 comme l’un des deux piliers de la stratégie énergétique du Royaume, rapporte Alyaoum 24.

 « Nous aurions dû lancer ce chantier il y a deux décennies », a-t-elle lancé, soulignant que ce dossier va bien au-delà de considérations techniques et interpelle l’ensemble de l’appareil étatique à trois niveaux distincts.

“L’efficacité énergétique nécessite d’investir aujourd’hui, mais les retombées ne seront visibles que dans trois, quatre, cinq ou six ans”

Leila Benali, ministre de la Transition énergétique

Le premier enjeu, selon Benali, concerne la philosophie de l’investissement et du financement à partir du budget de l’État. « Pour simplifier, l’efficacité énergétique nécessite d’investir aujourd’hui, mais les retombées ne seront visibles que dans trois, quatre, cinq ou six ans », a-t-elle expliqué, soulignant que les économies d’énergie peuvent aller de 10 à 30 %.

La ministre a également évoqué le contrat de performance énergétique, déjà utilisé selon elle, mais dont l’esprit reste absent des discussions avec le ministère des Finances.

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Benali a également plaidé pour un changement de paradigme, en appelant à former davantage de techniciens et d’ingénieurs spécialisés, sans considérer cela comme un aveu d’échec.

Enfin, elle a interpellé les pouvoirs publics sur leur rôle à l’échelle territoriale : il s’agit, selon elle, de permettre aux citoyens de s’approprier non seulement les principes d’efficacité énergétique et hydrique, mais aussi de devenir des acteurs actifs, capables de produire et consommer leur propre énergie.