Importation de déchets : 136 autorisations délivrées par le Maroc en cinq ans, selon Leila Benali

Des déchets européens importés au Maroc. Crédit: DR

Dans une logique de transition vers une économie circulaire, le Maroc a autorisé l’importation de 136 cargaisons de déchets non dangereux entre 2021 et 2025. Présentés comme des matières premières destinées à l’industrie nationale, ces flux soulèvent à la fois des espoirs en matière d’emploi et de compétitivité, mais aussi des inquiétudes sur le plan environnemental et sanitaire.

Entre 2021 et 2025, le Maroc a délivré 136 autorisations pour l’importation de déchets non dangereux, a annoncé mardi la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali. Ces déchets, considérés comme matières premières recyclables, sont destinés à alimenter l’économie circulaire nationale.

Selon Alyaoum24, dans un exposé devant la Commission parlementaire chargée des infrastructures et du développement durable, la ministre a précisé que 111 autorisations concernent des pneus usagés déchiquetés, et 25 autres sur des matériaux comme le plastique et le textile.

Selon Benali, cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à réduire la pression sur les ressources naturelles, favoriser la création d’emplois dans le tri, le recyclage et la valorisation des déchets, et consolider la compétitivité industrielle. Une étude menée avec l’Alliance pour la valorisation des déchets, couvrant 13 filières, estime que ces chaînes pourraient générer jusqu’à 60.000 emplois d’ici 2030. À elle seule, l’industrie métallurgique représenterait près de 9.500 postes.

Des contrôles rigoureux pour éviter les substances toxiques

La ministre a aussi souligné l’impact économique, évoquant une réduction de plus de 20 dollars par tonne importée sur la facture énergétique nationale.

Cependant, elle a reconnu des risques, appelant à un contrôle rigoureux des importations pour éviter toute présence de substances toxiques, à plus de transparence dans les procédures, et au respect strict des normes internationales et environnementales.

Enfin, Benali a assuré que l’ensemble du processus est encadré par la loi n°28.00 sur la gestion des déchets, avec un circuit réglementé allant du dépôt du dossier sur une plateforme dédiée à l’avis des ministères compétents, garantissant ainsi la conformité aux objectifs de développement durable du pays.

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