[TelQuel Impact – Spécial études supérieures]
À chaque rentrée, l’offre de formation s’enrichit de nouveaux intitulés. Pourtant, au moment de choisir après le bac, certaines filières reviennent régulièrement. Sur 9rayti.com, plateforme marocaine dédiée à l’orientation, l’ingénierie, le commerce et la gestion, ainsi que la santé, figurent parmi les « valeurs sûres », observe son fondateur, Adam Boudahma.
Cette constance tient d’abord à la lisibilité de ces parcours. Un médecin soigne, un ingénieur conçoit, tandis qu’un diplômé en gestion peut se projeter dans la finance, le commerce, l’audit ou la logistique. Selon Adam Boudahma, trois questions dominent les arbitrages des familles : « la reconnaissance du diplôme, l’employabilité réelle, puis le coût total ». Elles privilégient donc les parcours dont elles savent où ils peuvent mener.
Des besoins qui ne disparaissent pas
La santé en est l’exemple le plus évident. En effet, les besoins de soins restent constants et les professions du secteur gardent une forte reconnaissance sociale. À cela s’ajoute un besoin toujours important en ressources humaines, que les pouvoirs publics cherchent encore à résorber. L’an dernier, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, fixait l’objectif à plus de 90 000 professionnels de santé à l’horizon 2026, avec l’ambition de porter leur densité à 45 pour 10 000 habitants en 2030, contre 24 actuellement.
Le management, lui, rassure pour une autre raison. S’il ne conduit pas à un métier unique, il prépare en revanche à des fonctions dont aucune organisation ne peut se passer. Qu’elle soit industrielle, commerciale ou financière, une entreprise doit vendre, tenir ses comptes, financer ses projets, recruter et organiser ses flux. C’est précisément cette polyvalence qui continue de faire des formations en commerce et en gestion des choix rassurants pour les familles.
L’ingénieur, une figure toujours rassurante
L’ingénierie conserve, elle aussi, un prestige lié à l’exigence scientifique du parcours et à la place qu’elle occupe dans les transformations du pays. « L’ingénieur reste, au Maroc, une figure de confiance », résume Mohammed El Rhabi, directeur général du Groupe EMSI. Pour les familles, poursuit-il, le parcours reste lisible, avec « une formation exigeante, un métier identifié, de vraies perspectives d’insertion ».
Pour lui, cette attractivité tient aussi aux transformations engagées par le Maroc. « Le Maroc industrialise, digitalise, modernise ses infrastructures et ses organisations », souligne le directeur général du Groupe EMSI. Ce sont autant de chantiers qui élargissent le rôle de l’ingénieur, désormais appelé à intervenir dans des environnements plus complexes et à accompagner les mutations des entreprises comme des services publics. « Dans ce mouvement, l’ingénieur n’est plus un simple profil technique. Il devient un acteur de cette transformation », poursuit-il.
Quels débouchés s’ouvrent aujourd’hui aux futurs ingénieurs ? Pour Mohammed El Rhabi, les perspectives les plus solides se trouvent dans les domaines où les besoins se multiplient. Le numérique figure parmi les secteurs les plus porteurs, bien au-delà du seul développement informatique. La cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’exploitation des données irriguent désormais l’industrie, la banque, les administrations comme les start-up, explique-t-il.
Le génie civil conserve également une place importante, porté par les investissements dans les infrastructures et le développement des villes. Mais les compétences attendues évoluent, avec une place croissante accordée à la durabilité, à la performance énergétique et au pilotage numérique des projets. Il en va de même dans le génie industriel, l’énergie et l’automatisation, où les entreprises recherchent, selon lui, des ingénieurs capables d’améliorer les procédés et d’exploiter la donnée industrielle.
Enfin, l’ingénierie financière garde toute sa pertinence lorsqu’elle repose sur de solides compétences quantitatives et numériques. « La finance, elle aussi, devient technologique », résume Mohammed El Rhabi.
Des valeurs sûres, pas des garanties
Ces filières réputées rassurantes peuvent-elles, malgré tout, finir par se saturer ? Dans l’ingénierie, Mohammed El Rhabi refuse de poser le problème en ces termes et préfère parler de « saturation des profils trop génériques » plutôt que de saturation des filières. L’informatique, par exemple, reste porteuse, explique-t-il. Mais un diplômé sans spécialisation claire ni projets solides sera plus exposé qu’un profil réellement formé en cybersécurité, en données ou en intelligence artificielle.
Le même déplacement s’observe dans le génie civil, l’industrie ou l’énergie. Les besoins ne disparaissent pas, ils se déplacent vers la durabilité, la modélisation, l’automatisation ou la maintenance prédictive. « Les entreprises ne recrutent plus un intitulé de diplôme, elles recrutent une capacité à résoudre des problèmes en contexte réel », souligne Mohammed El Rhabi.
Au fond, la santé, le management et l’ingénierie restent indémodables parce que les besoins auxquels ils répondent le sont aussi. Mais, au-delà du diplôme, la spécialisation est devenue une donnée de premier plan. Pour les bacheliers et leurs familles, le choix ne porte donc plus seulement sur une filière, mais aussi sur la direction précise qu’elle permettra de prendre.
Imagerie médicale, le métier technique de santé en plein essor
Dans le secteur de la santé, l’imagerie médicale occupe une place croissante dans le diagnostic et le traitement des patients. Radiographie, scanner, IRM, médecine nucléaire ou radiothérapie… le technicien en imagerie médicale intervient dans des actes devenus essentiels à la prise en charge de nombreuses pathologies.
Il prépare le patient, réalise les images, en contrôle la qualité et traite les données avant leur transmission au médecin spécialiste. Selon l’UM6SS, ce professionnel est « à la fois soignant et technicien ». Il doit maîtriser des équipements de plus en plus complexes, tout en veillant au confort et à la sécurité du patient.
Porté par l’évolution rapide des technologies médicales, ce métier constitue une piste à regarder de près pour les étudiants attirés par la santé, mais aussi par les sciences et les outils techniques.
