Automobiles : BAM pointe une baisse des exportations en 2025

Le rapport annuel 2025, présenté lundi par le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, au roi Mohammed VI à Tétouan, indique que les exportations du secteur automobile ont reculé de 1,8 % pour s'établir à 154,7 milliards de dirhams. Cette baisse s'explique exclusivement par le repli de 13,5 % des ventes de la branche « construction », tombées à 61,4 milliards de dirhams.

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Une ligne d'assemblage dans une usine automobile. Crédit: AFP

Le document précise que le nombre de véhicules exportés est passé de 537.000 unités en 2024 à 457.000 en 2025, tandis que les prix ont progressé globalement de 2,1 %. L’Europe demeure la principale destination des exportations automobiles marocaines, avec 85 % des ventes, dont 35 % vers la France, 17,5 % vers l’Italie et 13 % vers l’Espagne. La part du marché africain, bien qu’en progression d’une année à l’autre, reste limitée à 2,1 %.

S’agissant des autres branches, le rapport fait état d’une hausse de 7,8 % du chiffre d’affaires des exportations de câblage, à 57,8 milliards de dirhams, ainsi que d’une progression de 7,1 % des exportations de pièces intérieures et sièges automobiles, à 9,7 milliards de dirhams. Il souligne que le secteur automobile enregistre son premier recul depuis plusieurs années, hormis celui observé en 2020 durant la pandémie.

Cette contre-performance a également touché la production automobile. Selon les données de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles, la production nationale a diminué de 10,3 %, après une hausse de 4,4 % un an auparavant. Les statistiques de l’Office des changes relatives aux exportations de voitures particulières montrent, de leur côté, une baisse de 14,8 %, contre une progression de 4,2 % l’année précédente.

Le rapport relève également un ralentissement de la branche des industries manufacturières, dont la croissance est revenue à 1,9 %, après 2,1 % en 2024 et 3,2 % en 2023. Cette évolution reflète notamment un recul de 1,1 % de l’industrie chimique, après une hausse de 7,2 %, ainsi qu’une progression limitée à 0,4 % de la fabrication de matériels de transport, contre 5,3 % auparavant.

Dans cette même branche, la valeur ajoutée des industries agroalimentaires, des boissons et des produits du tabac a augmenté de 3,1 %, alors qu’elle avait reculé de 0,7 %. Les industries du caoutchouc, du plastique et des autres produits minéraux non métalliques ont, quant à elles, progressé de 5,5 %, contre 3,5 % auparavant. En revanche, le rythme de baisse des industries du textile, de l’habillement, du cuir et des produits en cuir s’est légèrement atténué, passant de 0,8 % à 0,6 %.

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Le rapport indique par ailleurs que les importations de véhicules utilitaires ont bondi de 66,3 %, à 10,8 milliards de dirhams, tandis que les achats d’avions et autres appareils aériens ou spatiaux ont augmenté de 60,9 %, à 6,1 milliards de dirhams.

Les importations de biens de consommation ont progressé de 11,8 %, atteignant 203,5 milliards de dirhams, principalement sous l’effet d’une hausse de 37,7 % des achats de voitures particulières, à 39,4 milliards de dirhams, ainsi que d’une augmentation de 16,8 % des importations de médicaments et autres produits pharmaceutiques, à 12,7 milliards de dirhams.

Plus globalement, les importations de marchandises ont augmenté de 8 %, principalement en raison de la hausse des achats de biens d’équipement et de consommation, tandis que la facture énergétique a poursuivi son recul grâce à la baisse des prix internationaux. Les exportations ont, pour leur part, progressé de 3 %, soutenues notamment par les ventes de phosphate et de ses dérivés ainsi que par les exportations de l’industrie aéronautique.

En revanche, le rapport souligne que le secteur automobile a enregistré son premier recul depuis plusieurs années, dans un contexte international marqué par de multiples défis pour cette industrie. Cette situation a contribué à porter le déficit commercial à l’équivalent de 20,5 % du PIB, tandis que le taux de couverture des importations par les exportations est retombé à 57,2 %.