Comme avec le Covid, on entend à peu près tout sur le hantavirus, mais le Boualem se refuse à recopier ici les supposées caractéristiques de cette nouvelle menace. Car il est formel : il s’en fout, il ne se laissera pas enfermer une seconde fois
Il semble bien que, discrètement, une nouvelle diablerie soit sur le point de nous tomber sur la tête. Le Boualem est un homme vigilant, c’est incontestable, et son attention a été attirée par une série d’articles qui, mine de rien, pourraient bien annoncer une nouvelle plongée dans les abîmes. De quoi s’agit-il ? D’une série de petites informations qui nous parlent d’un virus tout neuf, que la planète est sommée de combattre, qui répond au doux nom de hantavirus. Comme son sinistre prédécesseur, on entend à peu près tout à son sujet, mais il est hors de question de recopier ici même les supposées caractéristiques de ce potentiel fléau. Car Zakaria Boualem est formel : il s’en fout, il ne se laissera pas enfermer une seconde fois. Voilà, c’est dit.
Il est sans doute utile de rappeler la désolante période du Covid, juste pour poser un peu le contexte de cette chronique. En 2020, nous avons été confinés un temps infini, suite à des décisions prises par des gens qui, ô surprise !, disposent le plus souvent de jardins spacieux. Nous avons été contrôlés un peu partout, par des barrages intempestifs dont nous avons eu le plus grand mal à nous débarrasser et qui étaient obsédés par l’idée de nous faire rentrer chez nous. On nous a demandé de payer des tests surfacturés, qui ont financé la glorieuse flotte de SUV des laborantins certifiés. Pour mesurer l’ampleur de la filouterie, il suffira de rappeler que l’État lui-même, qu’on aura du mal à présenter comme soucieux du portefeuille du peuple, a estimé que cette corporation était allée un peu loin et a décidé de limiter leur formidable marge. Nous avons connu des frontières fermées soudain, des familles coupées en deux ou en trois. Nous avons aussi eu droit à des élèves complètement largués, à qui on a fait croire que le distanciel était une solution respectable.
Souvenez-vous, on nous a même parlé un moment d’un centre, à Benslimane, où il était question de séquestrer les malheureux touchés par le virus. On ignore ce qu’est devenu ce centre, ni comment pareille idée avait frappé nos responsables, mais on se rappelle d’une séquence épouvantable, aux informations nationales : un gamin était arraché à sa famille pour être traîné de force vers cette destination mystérieuse sous le regard éploré de sa maman. Cette séquence, à elle seule, a convaincu les Marocains qu’il ne fallait surtout pas faire de test. On pourrait rajouter à cette liste les épisodes désopilants du Aïd le grand, au cours duquel les Marocains ont traversé le pays en évitant les barrages, tels des gnous pendant les grandes migrations défiant les crocodiles. Ou on peut basculer vers le drame en rappelant le nombre formidable de divorces, dépressions, faillites et autres drames sociaux qui ont jalonné ces longs mois.
“Même si la peste bubonique revenait, le Boualem la traiterait par le mépris”
Voilà pourquoi le Boualem vous le répète : il refuse de vivre à nouveau un tel délire. Parce qu’il faut préciser un point : il n’a toujours pas compris exactement ce qu’il s’était passé. L’origine du virus, l’efficacité des mesures prises, celle du vaccin, etc. A-t-on bien réagi ? Surréagi ? Personne n’a jamais jugé utile de lui rendre des comptes sur ces points. Pire, si on pose des questions, on est complotistes, rangés avec les illuminés qui pensent que la terre est plate, une posture lamentable. On peut ajouter que cet épisode n’a été suivi d’aucune espèce de prise de conscience sur notre humanité, puisque, depuis, le monde s’est lancé dans son autodestruction avec enthousiasme et application. Voilà pourquoi, même si la peste bubonique revenait, le Boualem la traiterait par le mépris, et merci.
