PLF 2027 : le gouvernement revoit le taux de croissance à 5,3% en 2026

La ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah, a dévoilé ce mercredi au Parlement les grandes orientations du projet de loi de finances 2027. Voici ce qu’il faut en retenir.

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Rachid Tniouni/TelQuel

Nadia Fettah s’exprimait lors d’une réunion conjointe des commissions de l’économie et des finances des deux chambres du Parlement. Elle a souligné l’engagement du gouvernement à renforcer la résilience de l’économie nationale face à la volatilité internationale, tout en maintenant le déficit budgétaire autour de 3% et en réduisant progressivement la dette publique à 63% du PIB d’ici 2029.

Cette présentation intervient dans un contexte particulier : à deux mois des élections législatives du 23 septembre 2026, le gouvernement actuel pose les bases d’un budget qu’il n’est pas certain d’exécuter lui-même, la suite du calendrier dépendant du résultat du scrutin et du temps nécessaire à la formation d’une nouvelle majorité.

La ministre a indiqué également que l’élaboration du prochain projet de loi de finances s’inscrit dans un contexte international marqué par une incertitude persistante, alimentée par les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et leurs répercussions sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, ainsi que par le ralentissement de l’économie mondiale. Malgré cette conjoncture, Nadia Fettah a salué la résilience de l’économie marocaine, soutenue par la reprise de l’activité agricole et le dynamisme constant des secteurs non agricoles.

Cette conjoncture a poussé le gouvernement à relever ses prévisions de croissance de l’économie nationale pour 2026 à 5,3%, par rapport aux hypothèses retenues dans la loi de finances. Cette croissance devrait bénéficier d’une hausse de 15,1% de la valeur ajoutée agricole ainsi que des performances positives des secteurs industriel et des services.

Ce chiffre place le gouvernement parmi les plus optimistes : Bank Al-Maghrib a pour sa part révisé sa propre prévision à la baisse en juin, à 5,2% contre 5,6% anticipés au printemps, invoquant les tensions au Moyen-Orient, tandis que la Banque mondiale table sur une croissance plus modeste, autour de 4,2%.

Inflation sous contrôle

Nadia Fettah a affirmé que les indicateurs macroéconomiques continuaient de s’améliorer. Ainsi, le taux d’inflation a reculé à 0,4% au cours du 1er semestre de 2026 et pourrait se stabiliser à 1,5% d’ici la fin de l’année et atteindre 2% en 2027. Cette évolution, selon la responsable gouvernementale, témoigne du succès des politiques publiques mises en œuvre pour contenir les pressions inflationnistes et rétablir la stabilité des prix.

Pour le gouvernement, cette amélioration des indicateurs économiques s’explique par la forte performance des exportations, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, ainsi que par la poursuite de la reprise du secteur touristique dont les recettes ont atteint 53,8 milliards de dirhams fin mai 2026.

Par ailleurs, la hausse continue des transferts de fonds des MRE et des investissements directs étrangers ont contribué au maintien de réserves de change suffisantes pour couvrir plus de sept mois d’importations de biens et de services.

Concernant la mise en œuvre de la loi de finances 2026, la ministre a expliqué que les recettes courantes ont atteint 52% de l’objectif fixé, dépassant 225 MMDH. Les dépenses ont été exécutées conformément aux objectifs établis avec un financement continu des engagements en matière de dialogue social, des programmes de protection sociale et de l’aide sociale directe, en plus d’une accélération des investissements publics qui ont atteint environ 60 MMDH.

La ministre a souligné que ces résultats ont permis de réduire le déficit budgétaire de 6,7 MMDH par rapport à la même période de l’année précédente, ce qui renforce la possibilité d’atteindre l’objectif fixé par la loi de finances de limiter le déficit à 3% du PIB d’ici la fin de l’année.

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