Vélos, trottinettes, scooters électriques : la micro-mobilité sur les chapeaux de roue

Budget serré, embouteillages rédhibitoires, conscience écologique... de plus en plus de jeunes Marocains renoncent à la voiture, préférant circuler en vélo électrique, trottinette, ou scooter zéro émission. Plus qu’une tendance, la micro-mobilité est un marché prometteur.

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Budget serré, embouteillages rédhibitoires, conscience écologique... de plus en plus de jeunes Marocains renoncent à la voiture, préférant circuler en vélo électrique, trottinette, ou scooter zéro émission. Plus qu’une tendance, la micro-mobilité est un marché prometteur. Crédit: UnSplash

La voiture a longtemps été synonyme d’indépendance. Le véhicule, également un symbole de réussite sociale, permettait de se déplacer librement dans un pays mal desservi par les transports publics. Mais le contexte évolue. Le coût d’une voiture dépasse souvent les moyens des étudiants ou jeunes salariés : achat, assurance, carburant, entretien, stationnement… La facture annuelle grimpe vite. Surtout, les centres-villes se densifient, et les bouchons peuvent faire de chaque trajet une –mauvaise – partie de Mario Kart. Sur fond d’inquiétudes environnementales et de budgets serrés, une génération se détache du modèle automobile classique. Elle ne renonce pas à la mobilité : elle la réinvente.

Quelles alternatives ? 

Les vélos électriques ont ainsi conquis un public jeune et urbain, qui cherche à éviter le stress des embouteillages. Chez Telus Bikes, le modèle Ventus VTT électrique (environ 7500 DH) offre jusqu’à 80 km d’autonomie ; Likebike propose le Shine, à partir de 7200 DH, équipé d’un moteur de 500 W. Les vélos pliables, comme le Hikeep (5600 DH), séduisent ceux qui combinent transport en commun et dernier kilomètre : pratiques, ils se glissent dans un coffre ou sous un bureau.

Les trottinettes électriques, encore peu répandues il y a quelques années, connaissent un véritable essor. Sur des sites comme Green Riders ou Jump Way, on trouve des modèles comme la Dualtron Mini (à partir de 8900 DH) ou la Ninebot F40 (autour de 6500 DH), capables de parcourir jusqu’à 40 km avec une charge. Leur poids, souvent inférieur à 15 kg, permet de les transporter aisément dans un train ou de les ranger sous un bureau. Pour les trajets plus longs, les scooters électriques s’imposent. Le Takado E-Delivery, pensé pour les livreurs, promet 100 km d’autonomie. Chez E-Moto Maroc ou ElectroBay, des modèles comme le Likebike City Rider (environ 13 500 DH) séduisent les particuliers. La consommation reste dérisoire : moins de 4 DH d’électricité pour 100 km, selon les distributeurs. Le Stardust Pro de Keren, design futuriste et vitesse de pointe de 55 km/h, coûte autour de 14 500 DH et vise un public prêt à investir pour rouler propre. 

Pas de volant, mais des règles de conduite

Avant de choisir son moyen de locomotion et de partir à l’assaut de la ville, il faut d’abord vérifier certains points essentiels : la capacité de la batterie, la solidité du système de pliage, l’étanchéité en cas de pluie, et, last but not least, la disponibilité des pièces détachées.

Surtout, conduire un deux-roues électrique ne s’improvise pas : il faut connaître les règles de base pour circuler en sécurité. Les vélos à assistance limitée (moteur ≤ 250 W, vitesse ≤ 25 km/h) sont assimilés à des bicyclettes : ils peuvent emprunter la chaussée, les pistes cyclables quand elles existent, ou l’accotement droit. Au-delà, pour les speed bikes, trottinettes puissantes ou scooters, le véhicule est traité comme un cyclomoteur (mobylette) : immatriculation obligatoire, port du casque, permis AM (pour les moteurs ≤ 4 kW), B ou A1 selon la puissance. Les trottinettes et autres engins doivent rester sur la chaussée ou les pistes, jamais sur les trottoirs, et respecter le Code de la route : feux, stops, priorité aux piétons. La réglementation impose un éclairage blanc à l’avant et rouge à l’arrière pour circuler la nuit ou par faible visibilité. Les gilets réfléchissants, encore rares, deviennent essentiels hors zones bien éclairées. 

Circuler avec assurance

La question des assurances reste floue pour beaucoup. Les vélos électriques “classiques” n’exigent pas de couverture spécifique, mais souscrire une responsabilité civile couvrant d’éventuels dommages est fortement recommandé. Pour les scooters électriques homologués, une assurance cyclomoteur est indispensable : selon les compagnies, elle varie de 700 à 1200 DH par an pour une formule basique, davantage quand on souscrit l’option vol ou bris. Certaines compagnies, comme RMA ou Wafa Assurance, commencent à proposer des formules adaptées aux engins de micro-mobilité, incluant même la protection du conducteur. Les trottinettes puissantes, dès lors qu’elles dépassent 25 km/h, peuvent aussi nécessiter une immatriculation et une couverture spécifique.

Le stationnement et la recharge méritent aussi d’être anticipés. À domicile, mieux vaut réserver une prise dédiée pour la batterie et éviter de la brancher sur une multiprise déjà chargée. Enfin, un mot sur l’offre: certaines marques intègrent déjà ces contraintes dans leurs services, en proposant des packages incluant l’immatriculation, l’assistance, voire l’assurance, dans le prix d’achat ou de location. Chez Keren, ElectroBay ou E-Moto, certaines formules sont conçues pour simplifier les démarches des clients novices. De quoi encourager encore davantage l’adoption de ces nouvelles mobilités.

Un terrain fertile pour les marques

L’évolution de la demande crée des opportunités commerciales. Les ventes de deux-roues électriques progressent dans les grandes villes et commencent à gagner les centres moyens comme Agadir ou Oujda. Les enseignes qui misent sur un service complet  (achat, location longue durée, forfaits de maintenance) marquent des points face aux simples distributeurs. La qualité du service après-vente reste décisive : disponibilité des pièces, réparations rapides, garantie de la batterie. Les bornes de recharge, encore rares, pourraient devenir un relais de croissance pour les investisseurs, tout comme les stations sécurisées de stationnement. Les municipalités ont aussi leur rôle : subventions, exonérations partielles, voies dédiées. Enfin, l’image compte. Les jeunes veulent des engins fiables, mais aussi élégants, silencieux, connectés. Des applications permettent déjà de suivre l’autonomie, de localiser une borne ou de bloquer son vélo à distance. 

Et demain ?

Ceux qui voudraient tester la micro-mobilité avant d’acheter, ou encore éviter d’acheter un engin et de l’entretenir se tournent vers la location ou le partage. Ainsi, à Marrakech, SIPO loue ou vend vélos et scooters électriques, tout en assurant maintenance et accessoires. Enfin, des startups se préparent à déployer des trottinettes en libre-service, notamment à Rabat et Tanger. À suivre.

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