Pour commencer cette nouvelle saison, et elle s’annonce intense, le Boualem n’a pas trouvé de meilleure idée que celle de vous raconter ses vacances. Il n’y a rien de caché derrière cette chronique guillerette, aucun message subtil, juste l’envie de partager quelques réflexions qui, soyons clairs, ne changeront rien à la marche chaotique du monde. Le bougre a choisi pour l’été une destination un peu inhabituelle. Éreinté par les prix absurdes pratiqués chez nous, fatigué de traîner ses shorts dans le sud de l’Espagne dont il a l’impression d’avoir fait le tour plusieurs fois, il a mis les voiles, direction l’Égypte.
Il faut préciser, avant d’aller plus loin, que notre homme n’a jamais été un grand consommateur de la culture du Nil. Pour une raison trop compliquée à débusquer, à supposer qu’elle existe, ni les comédies de Adel Imam ni les romances de Abdelhalim Hafez n’ont réussi à se frayer un chemin chez les Boualem. Résultat, il comprend un mot sur trois au dialecte égyptien, et c’est une estimation haute.
Pour achever de poser le contexte, une pénible série de confrontations footballistiques avec la “maman du monde” (Oum Dounya, ndlr), dans sa jeunesse, l’ont longtemps plongé dans un état de nerfs insupportable. Seuls les gens de son âge se souviennent des épouvantables frères Hassan, ces diaboliques jumeaux qui s’étaient donné comme mission de pourrir n’importe lequel de leurs matches. Le Guercifi en avait conçu une défiance à l’égard de tout ce que les pharaons et leur descendance pouvaient produire.
“Cet été, éreinté par les prix absurdes pratiqués chez nous, fatigué de traîner ses shorts dans le sud de l’Espagne, le Boualem a surmonté sa défiance et filé… en Égypte, où il a passé, à sa grande surprise, d’excellentes vacances”
Il faut maintenant sauter une ligne, et le dire d’entrée : Zakaria Boualem a passé d’excellentes vacances. Il a mariné de longues heures dans la mer Rouge, observé une masse spectaculaire de poissons chatoyants et de coraux flamboyants. Il a fait le plein de bleu turquoise, il a même eu l’impression d’avoir réussi à trouver un raccourci low-cost vers les Maldives. Le fait est que le Boualem, sur la mer Rouge, dispose d’un pouvoir d’achat largement supérieur à ce que lui propose n’importe laquelle de nos stations balnéaires. Du coup, notre héros monte en gamme, et commande à peu près tout ce qu’il veut, une attitude qui, chez nous, l’aurait précipité dans la misère.
Quant aux acteurs du tourisme qu’il a croisés, il faut le dire très clairement : ils sont efficaces, tbark Allah. Oui, répétons-le : le service, les amis, est de très haut niveau au pays de Mohamed Salah. Certes, il faut se promener avec une brouette de guinées pour rétribuer la cohorte d’intervenants qui se pressent autour de vous, mais au final, on a ce qu’on désire, à vive allure.
“Parler, discuter, négocier, échanger, débattre et se taquiner, c’est un plaisir qui, allez savoir pourquoi, est plus facile à trouver au sud qu’ailleurs”
L’autre chose qu’il faut rappeler, c’est que lorsqu’on part en vacances en dehors de l’empire, il se déclenche un phénomène mécanique qui huile les rapports humains. Parler, discuter, négocier, échanger, débattre et se taquiner, c’est un plaisir qui, allez savoir pourquoi, est plus facile à trouver au sud qu’ailleurs. Et puis, comment ne pas le mentionner ? Les exploits de nos footballeurs ont boosté la popularité de n’importe quel Marocain, c’est magnifique ! Zakaria Boualem a été félicité chaleureusement pour sa demi-finale qatarie à de nombreuses reprises, on aurait pu croire qu’il avait lui-même marqué le pénalty décisif contre l’Espagne. Maintenant, il faut parler du Caire, qui représente une véritable énigme. Pour aller vite, on a l’impression étrange que rien n’est terminé. Mais ce n’est pas le propos ici, l’important est de répéter que oui, le Boualem a aimé l’Egypte, enfin !
