Sebta et Melilia : Carles Puigdemont appelle au dialogue avec le Maroc, le président de Melilia rétorque

La crise migratoire de Sebta suscite des remous au sein de la classe politique espagnole. Carles Puigdemont, indépendantiste catalan et ancien président de la généralité de Catalogne, appelle au dialogue avec le Maroc.

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Carles Puigdemont lors d'une conférence de presse à Berlin, en juillet 2018. Crédit: AFP

Si la crise migratoire de Sebta a provoqué un incident diplomatique entre le Maroc et l’Espagne, elle a également fait trembler la classe politique espagnole. Carles Puigdemont, figure du mouvement indépendantiste catalan et actuellement exilé en Belgique, en a profité pour appeler le gouvernement espagnol à ouvrir le dialogue avec le Maroc sur les deux enclaves de Sebta et Melilia, qu’il qualifie de “villes africaines”. La réponse de Eduardo de Castro, président de Melilia, ne s’est pas fait attendre.

Héritage d’un passé colonial

Dans un tweet publié sur son compte officiel le mercredi 19 mai, Carles Puigdemont appelle à l’ouverture du dialogue avec le Maroc. “Le Maroc a le droit de soulever la question de la souveraineté et il serait nécessaire de créer une table de dialogue pour résoudre le conflit. Un dialogue entre l’Espagne et le Maroc serait nécessaire pour traiter l’agenda des désaccords”, écrit le leader indépendantiste.

Et d’estimer que les deux villes sont africaines, et n’appartiennent à l’UE “que par héritage d’un passé colonial qui a permis aux Européens d’avoir des possessions en dehors de l’Europe”.

La réponse du président de Melilia ne s’est pas fait attendre. Sur Twitter également, Eduardo de Castro accuse Puigdemont d’être “un ignorant de l’histoire”, considérant que les deux enclaves “n’ont jamais été des colonies ni appartenu au Maroc”. “Melilla et Ceuta appartiennent à l’Espagne au même titre que la Catalogne ou l’Aragon”, a souligné De Castro, qui considère comme une “évidence fondamentale” la situation géographique des deux villes autonomes en Afrique.

De Castro, dans sa publication, a partagé un lien du site web des Nations unies sur la décolonisation, qui répertorie les territoires non autonomes, parmi lesquels ne figurent pas Sebta ou Melilia, pour appuyer ses propos.

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