Le challenge n’est pas un risque pour Saâd Ménioui, c’est une stratégie. “Quand je suis arrivé chez Changan, c’était un vrai pari : une marque inconnue, zéro réseau, aucune image. J’ai pris ce challenge à bras-le-corps”, affirme-t-il. Il est loin de se cantonner à sa zone de confort : “J’ai changé de mission tous les deux ou trois ans parce que j’ai besoin de bouger, de me challenger. J’ai toujours cherché à laisser une trace.”
Arrivé chez Changan Maroc il y a près de deux ans, il a été happé par le chantier d’apprentissage et d’évolution qu’impliquait la construction d’une nouvelle marque. “Il n’y a rien d’installé, donc on peut créer une vraie culture, poser des bases solides et viser haut. Mon objectif est clair : faire de Changan la première marque chinoise au Maroc, et viser une place dans le top 10”, ambitionne le DG.
Saâd Ménioui a obtenu en 2012 un master en marketing stratégique et management commercial à l’université Mohammed V. Ce cursus l’a forgé : “Il m’a appris la rigueur, l’analyse, et surtout l’autonomie. Le reste, je l’ai appris sur le terrain. J’ai travaillé dès mon jeune âge grâce à mon père. C’était une culture chez nous, il m’a mis dans le bain très tôt”, raconte-t-il.
Mais le vrai déclic professionnel a eu lieu chez Hyundai, en 2014 : “J’étais le top vendeur au niveau national. Ensuite, j’ai été promu zone manager, en enregistrant mon premier record en passant de 1900 à 2200 unités vendues.” Après cette performance commerciale, Saâd Ménioui a pris la direction des sites de l’Oriental, à Oujda et Berkane. Là aussi, il a relevé un nouveau défi : “J’ai repris un site en bas de classement. Deux ans plus tard, on avait la meilleure part de marché Hyundai dans une ville marocaine. Cette année-là, on a même atteint notre objectif annuel en 2020, malgré l’arrêt total de l’activité pendant trois mois”, explique le DG.
Ascension
En 2021, il prend la direction du réseau Hyundai au niveau national. Le réseau des revendeurs atteint alors un record en passant de 2400 à 3200 unités. Rejoindre Changan en septembre 2023 était la suite logique pour le jeune dirigeant. Cette ascension a été rendue possible grâce à un management fondé sur l’exigence, la clarté et la disponibilité : “Je donne un cap, je m’assure qu’on le suit, et je reste proche du terrain. Je valorise l’initiative, mais je veux que l’exécution soit irréprochable.”
Lorsqu’il lance la Changan Academy, ce n’est pas pour le symbole. “C’est un outil pour aligner les équipes, faire monter les compétences, transmettre une méthode de travail, une culture d’entreprise et un esprit d’appartenance, et surtout assurer une expérience client qui nous démarquera dans les années à venir”, se projette-t-il.
Trois qualités l’ont guidé : s’adapter vite, bien s’entourer et exécuter correctement. “Les idées, c’est bien. Mais ce qui fait la différence, c’est la capacité à les mettre en œuvre, sans délai ni détour”, conclut-il.
