1500 emplois, IA et cloud : Imad Haddour révèle la stratégie d'Inetum Afrique

Avec un chiffre d’affaires de plus de 500 MDH et une croissance annuelle de 20 %, Inetum Afrique accélère son ancrage au Maroc. Imad Haddour, CEO d’Inetum Afrique, revient sur les leviers de cette expansion, notamment l’IA et le cloud.

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Inetum s’est engagé à créer 1500 emplois d’ici 2027. Où en est ce programme ?

Imad Haddour :  Nous avons déjà recruté plus de 200 collaborateurs depuis la signature du MoU avec le gouvernement en avril 2024, portant nos effectifs à 1 100 personnes. L’objectif est d’atteindre 1 500 emplois hautement qualifiés d’ici 2027, avec 500 recrutements prévus d’ici décembre 2025.  Un investissement de 50 MDH soutient cette ambition, concentré sur des métiers stratégiques : intégration de progiciels, développement applicatif et data science.  Le Maroc combine talents, stabilité économique et vision claire, comme en témoigne sa préparation pour la Coupe du Monde 2030. C’est un terreau fertile pour l’innovation.

La régionalisation est un axe clé de votre plan de développement. Pourquoi cibler Fès, Tanger et Agadir ?
Casablanca reste notre hub, mais ces villes offrent un réservoir de talents sous-exploité et une proximité avec des écosystèmes universitaires dynamiques. D’ailleurs, Inetum mise sur des partenariats avec des universités et écoles d’ingénieurs pour former 200 stagiaires annuellement et irriguer ses futures antennes. L’enjeu est de décentraliser l’expertise tech et de coller aux réalités économiques locales. Par exemple, Agadir présente un potentiel agritech, Tanger une logistique en plein essor.

Imad Haddour, CEO d’Inetum Afrique

Comment Inetum se positionne-t-il face aux défis de maturation du marché avec le cloud et l’IA ?
Le marché marocain est à un tournant : de nombreux projets cloud et IA restent bloqués au stade de POC. Notre réponse ? Des solutions verticales multisectorielles, nourries par nos partenariats avec des éditeurs mondiaux.

D’ailleurs, pour soutenir notre ambition de devenir un acteur de référence sur le continent, Inetum dévoile à l’occasion du Gitex Africa 2025 une stratégie de développement fondée sur des alliances solides avec des éditeurs mondiaux tels que  SAP, Microsoft, Salesforce, Sage et ServiceNow. L’objectif : proposer des offres verticalisées adaptées aux spécificités du marché africain, notamment dans les secteurs clés de la santé, des infrastructures, de l’énergie ou encore des services publics.

Dans le BTP, la santé ou l’agritech, nous déployons des solutions clés en main, de l’intégration de SAP jusqu’à l’IA générative. Preuve tangible : 80 % de nos équipes sont certifiées sur ces technologies, et notre FabLab casablancais permet de prototyper une solution IA adaptée en sept jours.

Nous croyons en une Afrique forte, connectée et souveraine. À Gitex Africa 2025, nous venons écouter, construire et innover avec ceux qui façonnent son avenir.

Quel rôle joue l’écosystème éducatif dans cette stratégie de développement multisectorielle ?
Sans partenariats avec les universités, pas de transformation durable.  Inetum forme 200 stagiaires par an aux technologies cloud et IA, et pilote des programmes de certification en collaboration avec des éditeurs comme Microsoft. Nous co-construisons des cursus spécialisés pour anticiper les besoins des secteurs cibles, comme le BTP ou la santé.  Un engagement qui se concrétise aussi par l’accueil de 120 alternants en 2024 et des workshops réguliers dans notre FabLab. L’idée est de créer un continuum entre formation académique et exigences du marché.