Le tableau “Signes au ciel” de Ahmed Cherkaoui vendu à un prix record

868.265 euros, soit l'équivalent de 9,27 millions de dirhams. C'est le montant auquel “Signes au ciel”, une toile d'Ahmed Cherkaoui datant de 1964, a été cédée le 22 mai 2026 par la galerie parisienne Ader. Un résultat record pour l'artiste marocain.

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L’œuvre appartient à la période que les spécialistes considèrent comme celle de l’accomplissement du peintre marocain — le moment où le Signe s’impose comme fondement de toute sa recherche. Chez Cherkaoui, les signes ne décrivent pas : ils existent.

Puisés dans un répertoire profondément marocain — tatouages, motifs textiles, symboles protecteurs — ils se réinventent sur la toile comme des entités autonomes, ni narratives ni décoratives, chargées d’une mémoire à la fois intime et collective.

Signes au ciel porte bien son titre. Le « ciel » n’est pas un motif peint mais un espace : un champ ouvert où les formes, tantôt denses, tantôt évanescentes, flottent et se répondent dans ce qu’Ader décrit comme « une écriture en apesanteur ». La matière picturale, travaillée avec intensité, donne à ces signes une présence vibrante sans jamais dissiper leur part de mystère.

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L’œuvre a une histoire. Présentée dès 1964 à la Galerie Jeanne Castel à Paris, dans un catalogue préfacé par le critique Gaston Diehl, elle avait déjà été saluée pour ce qu’elle représentait : non pas une déclinaison des courants occidentaux, mais une langue picturale propre, universelle dans sa forme, marocaine dans ses racines.

Cherkaoui est mort en 1967, à 32 ans.