Selon des sources américaines proches du dossier, le département d’État américain et le ministère marocain de la Défense ont entamé des discussions préliminaires dans le cadre du programme des ventes militaires à l’étranger (Foreign Military Sales, FMS), qui permet aux États-Unis de vendre des équipements militaires à leurs alliés via des contrats entre gouvernements.
Les échanges progressent positivement ; l’obstacle majeur — la nécessité d’obtenir l’aval d’Israël — aurait été levé, notamment grâce au rapprochement politique et militaire entre Rabat et Tel-Aviv depuis la reprise des relations en 2020.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de course aux armements accélérée en Afrique du Nord, le Maroc cherchant à consolider sa supériorité technologique face à l’Algérie et à l’Espagne.
Washington, de son côté, s’efforce de maintenir un équilibre délicat entre les deux voisins maghrébins tout en poursuivant ses efforts de médiation autour du dossier du Sahara.
Pour plusieurs analystes, l’acquisition par Rabat de ces avions furtifs capables de décollage vertical constituerait un tournant stratégique dans l’équilibre des forces aériennes régionales.
Ces pourparlers interviennent alors que le Maroc exécute déjà un contrat pour 25 F-16 Block 70/72, d’une valeur d’environ 3,8 milliards de dollars, et la construction d’un centre de maintenance et de modernisation à Benslimane, en partenariat avec Lockheed Martin, Sabena Engineering et plusieurs entreprises marocaines.
Ce projet doit former des ingénieurs et techniciens nationaux dans l’aéronautique et préparer le terrain à la maîtrise des technologies de cinquième génération.
D’après la même source, les Émirats arabes unis auraient exprimé leur disposition à financer une partie de l’opération, estimée à 17 milliards de dollars, incluant formation et maintenance sur 45 ans.
L’expert militaire espagnol Jesús Manuel Pérez Triana estime que “le Maroc ne dispose pas seul de la capacité financière nécessaire, mais avec l’appui d’Abou Dhabi et l’impulsion de Washington, cette acquisition pourrait bientôt devenir réalité”.
Ces négociations interviennent au moment où le gouvernement de Pedro Sánchez a renoncé au F-35 pour investir dans le programme européen FCAS, perdant ainsi la capacité d’opérer des avions embarqués après le retrait des Harrier prévu en 2030.
Face à cela, le Maroc cherche à combler ce vide et à renforcer ses capacités aéronavales, confirmant son statut croissant de principal allié stratégique de Washington en Afrique du Nord.
