Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, a affirmé que le gouvernement comprend les revendications des “expressions de la jeunesse” observées dans plusieurs villes du Royaume dans le cadre de ce que l’on appelle désormais la “Génération Z”. Il a annoncé la disponibilité totale de l’Exécutif à engager un “dialogue immédiat et dans des délais courts” pour traiter les questions soulevées, ouvrant son intervention par l’expression de sa profonde tristesse face aux derniers événements, notamment la perte de trois vies humaines.
Lors d’une conférence de presse organisée après le Conseil de gouvernement tenu ce jeudi après-midi, le ministre a souligné que l’Exécutif considère ce qui se passe comme “une expression de la jeunesse autour de la question des priorités”, et qu’il est de son devoir d’écouter ces voix et de traduire leurs demandes en mesures concrètes.
“Le message est arrivé de manière claire”, a-t-il déclaré, en référence à la “Génération Z”, qu’il a qualifiée de partie intégrante du tissu social marocain.
Sekkouri a toutefois reconnu la “difficulté” d’organiser ce dialogue, dans la mesure où cette “expression sociale n’a pas d’organisation classique” avec laquelle le gouvernement pourrait s’asseoir pour définir directement les revendications. Malgré cela, il a assuré que l’Exécutif est prêt à examiner toutes les propositions afin de structurer le dialogue et parvenir à des résultats tangibles.
Entre dialogue et fermeté : le gouvernement appelle à “nettoyer les rangs”
Le ministre a adressé un appel direct à la jeunesse, l’invitant à distinguer entre l’expression de revendications légitimes et les actes de sabotage. Il a marqué une différence claire entre “le jeune qui exprime son opinion pacifiquement” et celui “qui commet des actes troublant l’ordre public à visage découvert”, insistant sur le fait qu’aucun Marocain attaché à son pays ne peut accepter la destruction des biens publics ou privés.
Sekkouri a résumé le message du gouvernement en trois points essentiels : Compréhension des revendications et disponibilité à entamer immédiatement une discussion débouchant sur une intervention gouvernementale et des résultats concrets, nécessité de structurer le dialogue afin de parvenir à des conclusions et un appel à la jeunesse pour préserver leur crédibilité en “nettoyant leurs rangs” des actes de sabotage et de violences.
Le ministre a également révélé que le gouvernement avait déjà entrepris plusieurs initiatives avant les événements récents, citant la réforme du système des bourses de formation professionnelle.
Il a précisé que cette réforme, incluant la modernisation du système d’information et la mobilisation des ressources financières, a permis pour la première fois depuis des années le versement ponctuel des bourses aux jeunes (en octobre, février et mai), et ce, avant même le déclenchement des protestations.
Sekkouri a par ailleurs annoncé que le gouvernement est prêt à revoir ses priorités et à intervenir immédiatement, sans attendre l’entrée en vigueur de la loi de finances prévue en janvier.
Enfin, il a insisté sur le fait que la responsabilité politique de l’Exécutif est de servir les citoyens au quotidien, en dehors de “tout calcul ou polémique politique”, rappelant que les forces de l’ordre sont elles aussi des citoyens, remplissant leur mission constitutionnelle de protection des personnes et des biens.
