GenZ212 : au procès de Zineb Kharroubi, la défense fait état de vices de procédure

La défense d'une militante marocaine du collectif GenZ 212, jugée pour “incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique” au cours d'un mouvement de contestation l'automne dernier au Maroc, a fait état lundi de vices de procédure lors d'une audience de son procès.

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La jeune militante marocaine Zineb Kharroubi, basée à Paris et active au sein du mouvement GenZ212 en France, fait l’objet de poursuites judiciaires au Maroc. Crédit: DR

Le parquet a demandé un délai pour répondre, et une nouvelle audience du procès, ouvert le 23 février, a été fixée au 15 juin.

Zineb Kharroubi, installée en France et absente à l’audience, avait été interpellée le 12 février à son arrivée à l’aéroport de Marrakech, puis relâchée quelques heures plus tard et poursuivie devant la justice marocaine, selon ses avocats.

D’après la défense, les poursuites sont fondées sur des publications sur les réseaux sociaux relatives à “un appel à rassemblement” du mouvement GenZ 212 à Paris, “de recommandations et (d’)une affiche du collectif”, sans qu’il soit clairement établi “quel crime ou délit” la prévenue aurait incité à commettre.

Parmi les irrégularités soulevées devant le tribunal de première instance de Casablanca, ses avocats ont notamment fait valoir que Mme Kharroubi n’avait pas été informée immédiatement des motifs de son interpellation, a indiqué son comité de défense à l’AFP.

Fin septembre dernier, le collectif GenZ 212, lancé sur internet par des anonymes, a organisé des rassemblements pacifiques à travers le Maroc pour exiger des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation et la “fin de la corruption”.

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En marge du mouvement, deux soirées ont été marquées par des actes de vandalisme et des heurts qui ont fait trois morts près d’Agadir.

Quasi quotidiens pendant deux semaines, les rassemblements se sont progressivement essoufflés, notamment après un discours du roi appelant à accélérer les réformes sociales et l’annonce par le gouvernement d’un “effort budgétaire” pour 2026 en faveur de la santé et de l’éducation.

En octobre, le parquet avait indiqué que plus de 2.400 personnes, dont plus de 1.400 placées en détention, faisaient l’objet de poursuites, la plupart pour des violences survenues à la suite des manifestions du collectif.