Oujda : le père du jeune percuté par une voiture de police et amputé veut “une reddition des comptes”

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, de violents heurts ont éclaté à Oujda entre forces de l’ordre et manifestants se réclamant du mouvement GenZ212. Sur des vidéos largement relayées en ligne, on distingue un véhicule de police percuter violemment un jeune homme. Blessé, il a été amputé de la jambe gauche et a perdu l'usage de la jambe droite. Son père a témoigné au micro de plusieurs médias.

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Le père de Mohamed Amine, jeune homme percuté par une voiture de police à Oujda le 30 septembre. Crédit: Capture d'écran/Badil Info

Le père de Mohamed Amine Boussada, étudiant à la Faculté des sciences d’Oujda, a témoigné dans une vidéo : « Mon fils est un jeune discipliné, tout le monde pourra vous le confirmer. L’été, il travaille dans une carrosserie ; l’hiver, il reprend ses études. Avec un ami, il s’est aussi lancé dans la vente de fournitures scolaires. Ils croyaient en leur projet, au point de contracter un crédit pour le développer. »

Marqué par l’accident et visiblement ému, le père, qui se rend sur les lieux, réclame des explications : « Il faut une reddition des comptes. »

Selon Hespress, le jeune homme a été amputé de la jambe gauche au niveau du genou, et la famille attend le verdict des médecins pour la jambe droite.

Un hélicoptère médicalisé de la Gendarmerie royale a transporté mercredi le jeune homme de l’hôpital universitaire Mohammed VI d’Oujda vers l’hôpital militaire de Rabat. Cette intervention a été menée sur instructions directes du roi Mohammed VI.

Depuis samedi, le Maroc connaît une vague de manifestations initiées par le mouvement GenZ212, présent dans plusieurs grandes villes dont Rabat, Casablanca, Marrakech, Kénitra et Oujda. Les protestataires exigent des réformes dans l’éducation, la santé et l’emploi, qu’ils estiment négligés par le gouvernement.

Des dizaines de personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation, certaines relâchées après garde à vue, d’autres déférées devant la justice.