Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général de l’Union, Mohamed Zouiten, a alerté sur l’aggravation de la situation sociale dans le pays, la poursuite de la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens et la montée du désespoir et de la tension dans divers secteurs.
Il a exprimé la profonde indignation de l’Union face aux politiques gouvernementales jugées défaillantes, qui n’ont apporté aucune solution concrète aux crises accumulées, contribuant au contraire à l’aggravation des souffrances des travailleurs et du peuple marocain.
Le secrétaire général a mis en lumière la gravité des crises actuelles, notamment dans le domaine de l’emploi, où le chômage connaît une progression alarmante, particulièrement chez les jeunes dont le taux atteint 47 %.
Dans l’éducation, le gouvernement continue de se dérober à ses engagements antérieurs et impose des réformes de fortune au détriment des enseignants, ignorant le dialogue social, selon le communiqué. Cela a exacerbé la colère dans les rangs du corps éducatif et porté atteinte à l’avenir de l’école publique.
Concernant la santé, la situation est décrite comme insoutenable : affaiblissement du système public à travers un déficit criant en ressources humaines et en spécialités, conditions de travail dégradées, absence de motivation, pression croissante sur les cadres de santé. Ces facteurs ont provoqué une perte de confiance généralisée et privé des millions de citoyens de leur droit aux soins, déplore l’UNTM.
Après examen des rapports et débats sur les indicateurs confirmés par les institutions nationales et constitutionnelles, le Conseil exhorte le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour améliorer les conditions de travail dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que dans les autres secteurs publics, en préservant la dignité de leurs acteurs considérés comme la clé de toute réforme réelle. L’Union demande aussi un plan national d’urgence contre le chômage, notamment celui des jeunes.
Le Conseil dénonce fermement les atteintes systématiques aux libertés et droits constitutionnels, en particulier la liberté syndicale, à travers des abus, licenciements, retards injustifiés dans la délivrance des récépissés de constitution des bureaux syndicaux.
Il condamne également les violations flagrantes du Code du travail par certaines entreprises de sécurité privée et de nettoyage, citant le contournement du SMIG, la non-déclaration à la CNSS et les retards de salaires, comme récemment à Guelmim.
L’Union appelle le gouvernement à garantir les libertés publiques et à respecter le droit à la manifestation pacifique, acquis constitutionnel et pilier démocratique. Elle rejette toute restriction ou interdiction visant les protestations pacifiques.
Le Conseil avertit que toute tentative de manipulation des droits et du sort des catégories sociales défavorisées entraînera une riposte syndicale légitime et déterminée, incluant grèves et manifestations nationales.
Il tient le gouvernement pour pleinement responsable de l’aggravation des crises sociales et de la menace pesant sur la paix sociale, dénonçant une politique de promesses et de tergiversations arrivée à ses limites.
Le Conseil réaffirme son soutien total et inconditionnel à la lutte du peuple palestinien contre l’occupation sioniste, considérant la cause palestinienne comme centrale et fédératrice pour le peuple marocain. Il demande l’annulation immédiate de toutes les conventions de normalisation avec l’occupant, appelle les peuples libres à un boycott global des produits israéliens et des entreprises complices, et presse la communauté internationale de reconnaître pleinement l’État de Palestine et d’agir pour mettre fin aux crimes de génocide en cours.
L’Union valorise également les efforts déployés par le Maroc, sous la conduite du roi Mohammed VI, pour consolider son intégrité territoriale et défendre la cause du Sahara marocain, en élargissant le réseau international de soutien à l’initiative d’autonomie, considérée comme la solution réaliste et durable.
En conclusion, l’UNTM appelle toutes les forces syndicales et sociales à unir leurs rangs et à coordonner leurs efforts dans une dynamique revendicative et militante pour parvenir à la justice sociale et à l’équité territoriale, au service de la dignité de l’ensemble du peuple marocain.
