Importation des ovins : Akhannouch rouvre la vanne

À quelques mois des législatives, l'Exécutif rouvre la vanne de l'importation des ovins. Le décret adopté le 22 juillet suspend à nouveau les droits d'importation sur les ovins et les viandes rouges.

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Le 22 juillet 2026, le Conseil de gouvernement adopte le projet de décret n° 2.26.584. Le texte suspend la perception du droit d’importation appliqué aux ovins domestiques vivants, ainsi qu’aux viandes des espèces bovine, ovine, caprine et cameline. Il modifie également le droit d’importation appliqué aux abats de ces mêmes espèces. Le communiqué du porte-parole du gouvernement ne précise ni la durée de la mesure, ni les quotas retenus, ni la justification économique avancée. Il se contente de l’inscrire dans la liste des textes adoptés, entre un décret sur le blé tendre et un autre sur les indemnités des vice-présidents d’université.

L’inscription est laconique. La décision, elle, ne l’est pas. Elle prolonge, en le reconduisant, le dispositif dont TelQuel a révélé dans son édition du 15 mai qu’il avait coûté au Trésor un manque à gagner de 13,1 milliards de dirhams entre octobre 2022 et juin 2025, au profit de 277 importateurs, sans que le prix de la viande cesse de grimper. Le mouton se vend aujourd’hui à 200 dirhams le kilo. Il en coûtait 80 avant que le dispositif ne soit lancé.

Comme bien étayé par TelQuel, ce dispositif d’exonération n’avait pas seulement échoué à stabiliser les prix : il avait nourri une rente. Sur chaque brebis de réforme ramenée d’Espagne, un importateur empochait 26 fois sa mise. Sur le foie de bœuf, la marge atteignait treize fois le prix au port. Sur la joue, quatre fois. Ces chiffres ne sont pas contestés. Ils ont été qualifiés publiquement de « profits immoraux » par Nizar Baraka, ministre de l’Équipement, lors d’un meeting de son parti. Et pourtant, le secrétaire général de l’Istiqlal siège au Conseil de gouvernement qui a adopté le décret du 22 juillet. Les « profits immoraux » ont été réactivés avec sa signature collective. 

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