CARE Maroc a organisé le 23 juin à Rabat la Conférence nationale de haut niveau “Femmes Leaders au Maroc : du terrain à la décision publique”, réunissant responsables institutionnels, partenaires internationaux, acteurs de la société civile, experts du développement et femmes leaders engagées dans l’entrepreneuriat et la transformation de leurs territoires.
Cette rencontre a constitué un espace de dialogue autour de la contribution des femmes au développement territorial, de leur participation aux processus de consultation et de leur rôle dans l’élaboration des politiques publiques. Les échanges ont notamment porté sur les obstacles qui limitent encore leur participation économique, parmi lesquels l’accès au financement, aux marchés, aux dispositifs d’accompagnement et à l’information économique, ainsi que les difficultés d’intégration dans les chaînes de valeur, d’accès aux compétences et aux espaces de décision.
“Investir dans les femmes, c’est investir dans l’avenir de la société. Aucun pays ne peut réaliser pleinement son potentiel sans la contribution active des femmes”, a déclaré Sandra McCardell, chargée d’affaires de l’ambassade du Canada au Maroc et en Mauritanie.
Des recommandations pour accélérer l’impact des politiques d’autonomisation
99 douars, cinq communes, trois crises majeures et des enseignements pour l’action publique : telle est la base des recommandations formulées lors de cette conférence. Elles s’appuient sur les enseignements tirés d’un territoire confronté depuis 2020 à trois crises majeures successives : la pandémie de Covid-19, la sécheresse et le séisme de 2023.
Dans ce contexte particulièrement exigeant, l’expérience de terrain a mis en évidence l’importance du leadership féminin dans la résilience des territoires, la cohésion sociale et la capacité des communautés à faire face aux crises.
Les échanges ont notamment mis en évidence le rôle des femmes leaders rurales dans la cohésion sociale, le dialogue territorial et l’action publique. Dans les zones fragilisées, notamment à Al Haouz après le séisme, leur mobilisation a permis de préserver les solidarités, de faire remonter les besoins des communautés et de soutenir les dynamiques de reconstruction. Les participants ont ainsi appelé à capitaliser sur les acquis du programme AFED, financé par l’AFD et l’AMC, à poursuivre la levée des barrières à la participation économique des femmes et à mobiliser de nouveaux financements pour pérenniser cette dynamique.
Le leadership économique des femmes comme moteur du développement territorial
“Lorsqu’une femme accède à l’autonomie économique, à l’éducation et aux responsabilités, ce sont sa famille, sa communauté et son pays tout entier qui progressent”
Les échanges ont montré que l’autonomisation économique des femmes repose sur plusieurs leviers complémentaires : le renforcement des compétences entrepreneuriales, l’accès au financement et aux marchés, l’accompagnement technique des activités économiques ainsi que l’appui aux coopératives et aux associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Les résultats présentés lors de la Conférence illustrent les effets positifs du programme AFED dans la province d’Al Haouz. Ils témoignent du potentiel de l’autonomisation économique des femmes comme levier de développement territorial et de résilience des communautés.
“Valoriser les femmes rurales, au Maroc comme ailleurs, c’est investir dans la stabilité, la prospérité et la résilience de nos sociétés. C’est aussi affirmer une conviction simple mais essentielle : lorsqu’une femme accède à l’autonomie économique, à l’éducation et aux responsabilités, ce sont sa famille, sa communauté et son pays tout entier qui progressent”, a indiqué Catherine Bonnaud, directrice de l’Agence française de développement au Maroc.
Faire entendre la voix des femmes dans les processus de décision
Grâce à leur ancrage communautaire, les femmes leaders participent aux espaces de concertation, dialoguent avec les institutions locales et relaient les besoins exprimés par les femmes rurales. Leur contribution aux réflexions territoriales permet de mieux intégrer les réalités du terrain dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.
“La femme marocaine a prouvé, à travers de multiples expériences de terrain, sa haute capacité à piloter des initiatives de développement, à gérer des projets locaux, à préserver les ressources naturelles et à fortifier la solidarité communautaire. Offrir aux femmes les outils de leadership et d’accès à la décision n’est donc pas seulement une question de justice et d’égalité : c’est un choix de développement stratégique pour l’avenir de notre pays”, a déclaré Abdelfattah Sahibi, secrétaire général du ministère de l’Équipement et de l’Eau.
“L’autonomisation économique des femmes ne se limite pas à la création d’activités génératrices de revenus. Elle constitue également un puissant levier de leadership, de participation citoyenne et de développement territorial. Les échanges d’aujourd’hui soulignent l’importance de capitaliser sur les enseignements du terrain afin de consolider les acquis, de renforcer les dispositifs d’accompagnement et d’inscrire durablement la contribution des femmes dans les décisions qui façonnent l’avenir de leurs communautés”, a déclaré Hlima Razkaoui, directrice générale de CARE Maroc.
