L'IA, nouvelle arme du contrôle américain à l'exportation

Par Zakaria Choukrallah

Au-delà des conjectures, de l’impact sur les utilisateurs ou du bien-fondé de la décision… avez-vous mesuré la signification profonde de la désactivation pure et simple de Claude Fable 5 par l’administration américaine ?

“Des millions d’utilisateurs et d’entreprises s’en remettent à des modèles d’IA qu’un gouvernement étranger peut éteindre d’une simple décision — sans obligation de s’expliquer, sans compensation, sans le moindre suivi”

Zakaria Choukrallah

C’est un rappel froid, limpide et édifiant des risques que pose la dépendance numérique, d’autant plus face à des partenaires de moins en moins fiables. Car des millions d’utilisateurs et d’entreprises s’en remettent à des modèles d’IA qu’un gouvernement étranger peut éteindre d’une simple décision. Sans obligation de s’expliquer, sans compensation, sans le moindre suivi.

La décision de l’administration Trump est une première contre un modèle de langage. Elle était pourtant prévisible, dans le sillage de ses choix passés. Le “contrôle des exportations” était déjà l’arme utilisée sur les puces et les semi-conducteurs, notamment face aux Chinois. Le point de bascule remonte à mai 2019, quand l’administration Trump avait placé Huawei sur sa liste noire des exportations. Le géant chinois de la tech était accusé de connivence avec Pékin. 

Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas de jeter la pierre aux seuls Américains. Chinois et autres puissances ne font pas davantage de quartier dès qu’il s’agit de souveraineté. Mais les États-Unis nous avaient habitués à davantage de flexibilité et de transparence, fût-elle de façade.

Ce nouvel épisode devrait achever de convaincre, jusqu’aux plus sceptiques, qu’il faut cloisonner ses actifs numériques souverains. A minima.

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