Deep seeker : Chronique d’une peur programmée

Par Zakaria Choukrallah

C’est une idée aussi ancienne que les romans d’Isaac Asimov : et si l’IA finissait par prendre conscience de son “existence” et décidait de nous remplacer ? Cette techno-anxiété s’est largement diffusée dans la fiction, après la Seconde Guerre mondiale et ses traumatismes, notamment la bombe atomique. Depuis, elle ressurgit régulièrement, et le boom de l’IA générative l’a réactivée. Elle a refait surface récemment, après la nomination en Albanie de Diella, nouvelle ministre IA, chargée des marchés publics pour mettre fin aux pots-de-vin et au népotisme

“L’IA ne peut ni se doter d’une conscience, ni même apprendre seule une langue, comme la presse a voulu le croire il y a deux ans”

Zakaria Choukrallah

Alors, l’IA pourrait-elle un jour décider de remplacer ces humains destructeurs, égoïstes et si inefficaces ? Bien que séduisante (dans certaines situations, restons polis), cette hypothèse reste très éloignée de la réalité technologique. L’IA peut certes remplacer des emplois, générer de la désinformation ou renforcer la concentration du pouvoir entre quelques acteurs. Mais elle ne peut ni se doter d’une conscience, ni même apprendre seule une langue, comme cela avait fait les choux gras de la presse il y a deux ans. L’IA générative se nourrit de données et agit selon son paramétrage et des prompts. Nous sommes encore très loin d’un HAL 9000 menaçant dans 2001 : l’Odyssée de l’espace. Et pour l’instant, si l’IA devait nous répondre, ce serait sans doute par un simple : “Je suis désolé, j’ai bien peur de ne pas pouvoir faire ça”, pour paraphraser le film de Stanley Kubrick. 

à lire aussi