TVA sur les services numériques au Maroc : une fausse bonne idée ?

Par Zakaria Choukrallah

La mesure est, à première vue, parfaitement défendable. Netflix, Spotify, ChatGPT et consorts vont devoir déclarer leur chiffre d’affaires marocain et reverser la TVA à la DGI. Le Maroc s’aligne sur des dizaines de pays qui ont déjà franchi ce pas, conformément aux recommandations de l’OCDE. Modernisation fiscale, équité entre acteurs locaux et étrangers, recettes supplémentaires pour l’État… les arguments ne manquent pas. L’Etat est dans son bon droit, et la DGI ne fait que poursuivre sa stratégie de digitalisation. 

Mais quelles pourraient être les implications concrètes pour l’utilisateur local ? Le marché marocain n’est pas exactement le terrain de croissance prioritaire de la Big Tech. Quand une telle taxe entrera en vigueur, il est probable que la facture du consommateur final grossisse, tout bêtement. 

Pour un abonnement de divertissement, cela passe encore. Mais appliquer la même logique aux outils d’IA, c’est taxer précisément ce qui pourrait accélérer notre transformation productive. Renchérir l’accès à ChatGPT ou Claude pour un étudiant ou une TPE, c’est freiner l’adoption de ces technologies. 

Les géants du numérique vont-ils en profiter pour reverser la TVA qu’ils collectent probablement déjà ou vont-ils juste augmenter leurs prix? Ces recettes seront-elles réinjectées dans notre souveraineté numérique?  À suivre.

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