Nawfel Raghay : “Être présent autour de la table de TV5MONDE ne garantit pas encore l'impact”

Directeur général de l'Association des radios et télévisions indépendantes (ARTI), Nawfel Raghay a occupé plusieurs fonctions stratégiques à la SNRT et à la Haut autorité de la communication audiovisuelle (HACA). Il analyse les enjeux d'une adhésion du Maroc à la gouvernance de TV5MONDE. 

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TelQuel : L’annonce de l’entrée du Maroc dans le processus d’adhésion à la gouvernance de TV5MONDE a été présentée comme une première pour un pays africain. Vous y voyez une avancée importante ou un symbole à relativiser ?

Directeur Général de l’Association des radios et télévisions indépendantes (ARTI), Nawfel Raghay a occupé plusieurs fonctions stratégiques à la SNRT et à la HACA.Crédit: DR

Nawfel Raghay : C’est une annonce importante sur le plan diplomatique et institutionnel. Le fait que le Maroc puisse rejoindre la gouvernance de TV5MONDE, en tant que premier pays africain à entrer dans ce cercle, a évidemment une portée symbolique. Cela dit quelque chose du positionnement du royaume dans l’espace francophone, dans la diplomatie culturelle et dans les réseaux internationaux de l’audiovisuel public.

L’idée n’est pas entièrement nouvelle. Elle avait déjà émergé il y a une quinzaine d’années sans être concrétisée à l’époque. Cela suggère que l’annonce actuelle s’inscrit dans une histoire plus longue.

Pour apprécier réellement la pertinence stratégique de cette démarche aujourd’hui, il faudra connaître les termes précis de l’accord, ses engagements financiers, mais aussi les contreparties éditoriales, industrielles et institutionnelles qui l’accompagnent. C’est à partir de là que l’on pourra mesurer ce que cette adhésion apporte concrètement à l’image du Maroc, à la circulation de ses contenus, à la mise en valeur de ses producteurs et de ses talents, à la SNRT et, plus largement, à l’écosystème audiovisuel national. C’est aussi ce qui permettra de dire si le Royaume dispose, à travers ce partenariat, d’un levier supplémentaire pour faire entendre dans l’espace francophone et africain une lecture du monde et une vision qui lui sont propres.

C’est donc une opportunité intéressante, qui n’a de sens que si elle est pensée comme un véritable investissement stratégique, avec des objectifs clairs et des contreparties concrètes. Je pars naturellement du principe que c’est dans cet esprit que le dossier a été instruit, car autrement le risque serait de réduire cette adhésion à une présence institutionnelle prestigieuse, mais dont le rendement réel resterait incertain.

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