Moulay Ahmed Alami, président de Jazzablanca : “Je ne me fixe aucune limite”

De Robbie Williams à Lauryn Hill en passant par Scorpions, la 19ᵉ édition de Jazzablanca affiche des ambitions à la mesure de son budget, désormais supérieur à 100 millions de dirhams. Rencontre avec Moulay Ahmed Alami, producteur du festival, qui détaille les recettes et les risques d'un modèle qui a mis treize ans à porter ses fruits.

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Le PDG de Sevenn PM et fondateur du festival Jazzablanca, Moulay Ahmed Alami, le 8 juillet 2026. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

À Casablanca, l’été a un tempo : celui de Jazzablanca. Née il y a dix-neuf ans d’un pari un peu fou — importer le jazz dans une ville qui ne l’attendait pas forcément — la manifestation est devenue, édition après édition, l’un des plus grands festivals d’Afrique et l’un des moteurs culturels du Maroc.

Cette année, le festival s’étire sur dix jours, franchit pour la première fois la barre des 100 millions de dirhams de budget et attire des noms que peu auraient imaginés fouler une scène casablancaise il y a une décennie : Robbie Williams, Mika, Scorpions, Lauryn Hill.

Derrière cette montée en puissance, un homme orchestre les coulisses : Moulay Ahmed Alami, fondateur de l’agence Seven PM et producteur du festival. Entre bilan financier, ambitions artistiques et vision pour les années à venir, il revient sans détour sur la mécanique d’un succès qui a mis treize ans à se rentabiliser.

TelQuel : Cette 19ᵉ édition s’étend sur dix jours. Qu’apporte-t-elle de nouveau par rapport aux précédentes ?

“Pour l’édition 2026 de Jazzablanca, nous avons voulu corriger tous les défauts identifiés en 2025, un effort qui représente un budget deux fois supérieur à celui de l’édition précédente”

Moulay Ahmed Alami, président de Jazzablanca

Moulay Ahmed Alami : Le format de dix jours, lancé l’an dernier, était déjà un pari risqué. Cette année, nous sommes montés d’un cran, aussi bien sur les infrastructures que sur la programmation. Nous avons voulu corriger tous les défauts identifiés en 2025 — un effort qui représente un budget deux fois supérieur à celui de l’édition précédente.

Nous avons mêlé stars internationales et artistes émergents, et pris des risques sur des styles à peine découverts l’an dernier, comme TIFF (rappeur, ndlr), qui a rencontré un immense succès auprès des jeunes. Trois temps forts structurent désormais le festival : un premier week-end consacré aux légendes, une semaine dédiée à la nouvelle scène, puis un troisième temps fort réunissant légendes, pop et découvertes.

Nous avons aussi voulu réaffirmer l’identité jazz du festival, avec des artistes comme Hiromi ou Daoud, et renforcé cette dimension sur la Scène 21 avec Nubiyan Twist, Selah Sue ou Keziah Jones.

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