Quand la Chine protège ses travailleurs du remplacement par IA

Par Zakaria Choukrallah

La semaine dernière, j’évoquais le premier rapport marocain chiffrant le choc de l’IA sur le marché du travail, au Maroc et dans la région. C’est l’inquiétude la plus terre à terre, la plus rationnelle, de quiconque regarde le verre à la fois à moitié vide et à moitié plein.

Une lueur d’espoir nous vient, étrangement, de Chine. Selon Bloomberg, un tribunal chinois a jugé illégal de licencier un salarié pour le remplacer par une IA. Cet employé avait été rétrogradé, son salaire amputé de 40%, puis viré après avoir refusé.

La justice lui a donné raison. Motif : l’automatisation n’est pas une “circonstance exceptionnelle” permettant de rompre un contrat. Cette décision étant relayée au niveau national, elle est donc interprétée comme une orientation politique du pays.

La Chine, souvent citée comme championne de l’automatisation à marche forcée, devient, paradoxalement, le premier pays au monde à poser une limite juridique claire à la substitution homme-machine.

Le message aux entreprises : adoptez l’IA, mais assumez le coût social (reclassement, formation, transition). Cette jurisprudence de l’Empire du milieu est un premier cadre juridique fort dans le débat mondial sur l’impact de l’IA sur l’emploi.

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