[Tribune] Un mois de football, un test de narratif souverain

La CAN au Maroc n’aura été ni une simple compétition sportive, ni une parenthèse festive sans lendemain. Elle s’inscrit dans une séquence historique où le sport devient un théâtre privilégié de la géopolitique, un amplificateur de récits, un laboratoire d’excellence organisationnelle et un test de souveraineté narrative.

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Rachid Tniouni / TelQuel

Pendant un mois, un pays entier s’est trouvé suspendu à un ballon, à des scores, à des images répétées en boucle sur les écrans, dans les cafés, dans les foyers et sur les places publiques. La Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc n’a pas été seulement un événement sportif, mais une expérience sensible totale, un moment de condensation de l’espoir collectif, où l’infrastructure matérielle, la fierté nationale et le regard du monde ont convergé dans un même faisceau de significations.

Le réalisateur et docteur en science politique Hamid Derrouich.Crédit: DR

Le 18 janvier, au terme de la finale, la chute a été pourtant plus brutale que les sommets d’euphorie accumulés pendant le tournoi : ce qui s’est effondré n’est pas simplement l’espérance d’un trophée, mais quelque chose de plus intime et de plus grave, lié au sentiment de reconnaissance et à la dignité symbolique d’un pays.

Cette chute s’avère disruptive non tant parce que le Maroc a perdu une finale – après tout, dans le sport, l’alternative victoire/défaite fait partie de la grammaire ordinaire des compétitions – que parce qu’elle a cristallisé une impression d’ingratitude et de suspicion venues de l’extérieur. Au lieu d’un hommage unanime à l’organisation, aux infrastructures, à la préparation et à la mobilisation d’un peuple, se sont multipliés les sous-entendus, les accusations de corruption ou de manipulation, les attaques sournoises et les tentatives de diabolisation.

Dans ce décalage entre ce que le Maroc a offert pour que brille l’Afrique et ce qu’il a reçu en retour en termes de récits, se joue autre chose qu’un simple contentieux footballistique : c’est le récit national, la souveraineté symbolique et la manière d’habiter le temps historique qui sont interpellés.

1. La blessure narrative au‑delà de la défaite sportive

La dramaturgie de la CAN, comme toute grande compétition, repose sur une économie des affects : l’enthousiasme, l’angoisse, la joie, la frustration, se succèdent au rythme des matchs, des buts et des éliminations. Dans le cas du Maroc, cependant, l’émotion collective ne s’est pas limitée à l’intérieur du stade : elle a envahi l’espace social, les rues, les réseaux numériques, faisant de la compétition un moment quasi‑rituel de communion nationale. Le mois de tournoi a suspendu, pour un temps, les routines ordinaires ; il a produit cet « entre‑temps » où un peuple se regarde lui‑même dans le miroir médiatique que lui tend le monde.

C’est pourquoi la « chute » du 18 janvier ne peut se comprendre comme une simple défaite sportive. Ce qui frappe, c’est la disproportion entre la qualité de l’engagement du Maroc – mobilisation logistique massive, infrastructures de rang mondial, sécurisation irréprochable, hospitalité assumée comme marqueur identitaire – et la nature des récits qui ont circulé à son sujet.

“La CAN est devenue un théâtre où s’est joué un conflit de récits : Maroc vitrine et hub d’un continent émergent, ou Maroc suspect, trop performant pour être honnête ?”

Hamid Derrouich, docteur en science politique

Là où l’on aurait attendu reconnaissance et respect, on a vu proliférer des soupçons : insinuations sur la corruption supposée, allégations de favoritisme arbitral, critiques sur la distribution des billets, attaques personnelles contre les responsables fédéraux. La figure du Maroc comme puissance organisatrice a été, dans certains discours, substituée par celle d’un acteur manipulateur, au mieux opportuniste, au pire prédateur.

Cette dissonance cognitive et symbolique engendre une blessure narrative. Ce n’est plus l’équipe qui est mise en cause, mais le pays comme tel : son sérieux, sa probité, sa légitimité à incarner une Afrique qui réussit. La CAN devient alors un théâtre où se joue un conflit de récits : Maroc vitrine et hub d’un continent émergent, ou Maroc suspect, trop performant pour être honnête ? À travers ce débat, c’est la question de la souveraineté interprétative qui se trouve posée : qui a le droit de dire ce que signifie le succès marocain ? Qui impose les catégories au prisme desquelles il est perçu ?

2. Temps africain et Léon l’Africain

Pour saisir la profondeur de ce moment, il faut replacer le Maroc dans une réflexion plus vaste sur le rapport de l’Afrique au temps. Le fameux discours de Dakar, prononcé par l’ancien président français Nicolas Sarkozy en 2007, a cristallisé – souvent de manière maladroite, parfois offensante – une représentation problématique de « l’Homme africain » comme n’étant « pas assez entré dans l’Histoire ». Au‑delà des polémiques, ce discours exprime, à sa manière, un imaginaire ancien : celui d’un continent assigné à un temps cyclique, répétitif, mythique, opposé au temps linéaire, cumulatif, de la modernité occidentale.

Loin d’être dépourvue d’histoire, l’Afrique a pourtant produit des empires, des chroniques et des innovations majeurs : royaumes du Mali et du Ghana, dynasties du Zimbabwe, sultanats swahilis, circuits commerciaux transsahariens, érudition islamique savante et traditions orales sophistiquées. Toutefois, le rapport au temps y a souvent été pensé dans des catégories différentes, moins orientées vers l’accumulation technique et l’abstraction du progrès, davantage inscrites dans des cycles rituels et des cosmologies holistes. D’où la tension, encore actuelle, entre des temporalités hétérogènes : temps bureaucratique de l’État, temps magique des croyances, temps de la dette et des dépendances, temps du tribalisme et des loyautés primaires qui ont produit, dans des temps non lointains, des génocides.

Cette pluralité de temps génère parfois ce que l’on peut appeler un « présent éternel » : une forme de stagnation perçue, où l’avenir semble sans cesse hypothéqué, où le changement structurel se heurte à des inerties profondes. C’est précisément cette tendance, non pas au non‑temps mais à un temps hétéroclite et souvent cyclique, que le Maroc contemporain cherche à briser. En se projetant dans une temporalité linéaire, cumulative, orientée vers l’horizon – plans stratégiques, mégaprojets, diplomatie anticipatrice –, le Royaume s’arrime consciemment aux canevas et aux codes de la modernité globale.

La figure de Léon l’Africain (Al‑Hassan ibn Muhammad al‑Wazzan) se révèle, dans cette perspective, particulièrement éclairante. Né à Grenade vers 1494, capturé en Méditerranée, converti à Rome sous le nom de Jean‑Léon de Médicis, ce voyageur et érudit incarne un Maroc déjà pleinement inscrit dans la circulation mondiale des hommes, des idées et des savoirs. Il traverse des temporalités multiples – islamique, chrétienne, africaine, méditerranéenne –, ainsi que des espaces composites – Maghreb, Afrique subsaharienne, Europe –, vivant le temps comme aventure, comme ouverture et comme écriture. Son œuvre est un témoignage linéaire : elle raconte, ordonne, décrit, transmet. Elle hérite des traditions tout en les projetant dans une narration universalisante.

Léon l’Africain préfigure ainsi ce que le Maroc revendique aujourd’hui : la capacité à articuler le temps cyclique des traditions (zawiyas, moussems, généalogies chérifiennes, pratiques confrériques) avec le temps linéaire de l’État, du commerce international, de la diplomatie et de la défense. Historiquement, le Royaume n’a jamais été totalement coupé de la modernité : il a résisté à la colonisation ottomane, négocié les rapports avec les puissances européennes, reconnu très tôt l’indépendance des États‑Unis, tout en conservant une continuité étatique rare en Afrique. Cette continuité fournit aujourd’hui un socle narratif solide pour un projet de modernisation pensée non comme rupture radicale, mais comme prolongement d’une historicité propre.

3. L’excellence comme impératif existentiel

“Le Maroc n’a ni le temps ni les moyens d’échouer : tel est le diagnostic implicite qui sous‑tend les grandes orientations stratégiques du Royaume”

Hamid Derrouich, docteur en science politique

Dans ce contexte, l’entrée du Maroc dans une temporalité linéaire ne se réduit pas à une affaire de planification technocratique. Elle s’accompagne d’une exigence d’excellence qui relève moins du prestige que de la nécessité. Le Maroc n’a ni le temps ni les moyens d’échouer : tel est le diagnostic implicite qui sous‑tend les grandes orientations stratégiques du Royaume. L’excellence n’est plus un attribut des élites, ni une distinction symbolique, mais un absolu fonctionnel, une condition de survie et de dignité dans un monde où les nations qui n’avancent pas reculent inexorablement.

Les marqueurs tangibles de cette logique abondent : plans à long terme (visions 2030 et au‑delà, nouvelles chartes de l’investissement), mégaprojets structurants (ligne TGV, port Tanger Med, port Dakhla, complexe solaire Noor, unités de désalinisation), industrialisation ciblée (automobile, aéronautique, pharmaceutique, logistique, IA), diplomatie proactive (retour au sein de l’Union africaine, partenariats avec l’Europe, les États‑Unis, Israël, renforcement des liens atlantiques et africains), doctrine sécuritaire articulée à une diplomatie d’influence. Tous ces dispositifs expriment un même choix : celui d’un temps orienté, programmé, assumé.

Cette exigence répond à plusieurs impératifs imbriqués :

Sur le plan géopolitique, l’environnement régional marqué par l’instabilité du Sahel, les tensions avec l’Algérie et la recomposition des influences internationales impose une performance étatique élevée, seule à même de consolider la légitimité interne et de dissuader les manœuvres déstabilisatrices.

Sur le plan économique, dans une « jungle » concurrentielle où l’attractivité des investissements et la capacité d’exportation sont vitales, un pays dépourvu de ressources pétrolières ou gazières doit convertir sa stabilité, son capital humain et son intelligence stratégique en avantages comparatifs durables.

Sur le plan social, dans une société jeune, urbanisée, connectée, les indices de confiance – stabilité, prévisibilité, mobilité sociale – constituent un ciment indispensable pour prévenir le décrochage, la frustration et les radicalités.

“Le Maroc ne se contente plus d’entrer dans l’Histoire (…) ; il aspire à la façonner, à son échelle, en assumant la dureté d’un monde où le retard accumulé se paie en marges de manœuvre réduites”

Hamid Derrouich, docteur en science politique

Cette configuration redéfinit le rapport au temps religieux et culturel traditionnellement résumé, parfois abusivement, par le terme « mektoub » – le destin écrit d’avance. Sans rompre avec la profondeur spirituelle de cette notion, la vision politique contemporaine la travaille de l’intérieur : le destin n’est plus une fatalité statique, mais un horizon exigeant, qui suppose responsabilité, travail et lucidité. Le temps devient une ressource rare à optimiser plutôt qu’un cycle à contempler. « Dépêchez-vous, dépêchez-vous ! » peut-on ainsi entendre dans une vidéo humoristique qui fait le buzz au Royaume. Le Maroc ne se contente plus d’« entrer dans l’Histoire » comme l’aurait formulé un regard extérieur condescendant ; il aspire à la façonner, à son échelle, en assumant la dureté d’un monde où le retard accumulé se paie en marges de manœuvre réduites.

La CAN, de ce point de vue, n’est qu’un moment parmi d’autres, mais un moment particulièrement visible de cette quête d’excellence. Elle fonctionne comme un test grandeur nature de la capacité du pays à orchestrer, sous les yeux du monde, un événement complexe, sécurisé, technologiquement avancé, rentable, hospitalier et joyeux. Que ce moment ait ensuite été entouré de récits suspicieux ou hostiles ne fait que souligner la dimension stratégique de la scène : là où se joue l’organisation, se joue aussi la bataille des perceptions.

4. Mesures actives, menaces hybrides et patriotisme conscient

Le contexte international contemporain est marqué par la montée en puissance des « mesures actives » (pour reprendre un lexique issu de la guerre froide) et des menaces hybrides mêlant désinformation, opérations d’influence, instrumentalisation des réseaux sociaux, cyberattaques et exploitation des tensions internes. Les grandes compétitions sportives, par leur visibilité et leur charge symbolique, constituent des cibles de choix pour ce type de manœuvres.

La CAN organisée par le Maroc (comme les derniers Jeux Olympiques de Paris) semble avoir concentré plusieurs de ces dynamiques. Sur les réseaux, dans certains médias et chez quelques responsables, un récit s’est installé avec une régularité qui surprend : celui d’un Maroc agissant dans l’ombre, corrompant arbitres et instances, manipulant la billetterie, profitant d’un environnement institutionnel complaisant pour s’assurer avantage sur avantage. À cela se sont ajoutées des critiques visant des détails logistiques, parfois jusqu’au grotesque – mises en doute de la réalité des stades, commentaires sur l’origine des autocars, procès d’intention concernant les responsables sportifs.

Ce type de récit ne relève pas du simple débat d’opinion ; il s’inscrit dans une stratégie de dénigrement structurel. Il vise à transformer la réussite marocaine – de Tanger Med aux accords internationaux, en passant par les investissements en Afrique subsaharienne – en anomalie suspecte, en déviation nécessairement entachée de corruption ou d’opacité. Dès lors, toute performance (même l’édification d’une mosquée dans un pays africain) devient « trop belle pour être vraie », et le Maroc se trouve sommé de prouver à l’infini sa probité.

Face à ces menaces hybrides, la réponse ne peut être uniquement technique. Elle suppose un « réarmement » politique et culturel, qui passe par ce que l’on pourrait appeler un « patriotisme conscient » ou « mindful patriotism ». Il ne s’agit pas d’un nationalisme aveugle, crispé, mais d’une piété civique réfléchie, mêlant attachement au pays, sens du devoir et vigilance lucide.

En temps de paix, le danger principal n’est pas tant l’ennemi extérieur, mais l’apathie intérieure : la tendance d’une société à se laisser endormir par la routine, la consommation ou la confiance naïve dans une stabilité supposée éternelle. Le patriotisme conscient vise au contraire à éveiller chaque citoyen à la fragilité de la souveraineté, à la vulnérabilité des récits nationaux, à la réalité des attaques informationnelles. Il invite à faire de chaque Marocain une sentinelle de la souveraineté, sans pour autant glisser vers une paranoïa généralisée ou un maccarthysme contemporain. D’où la nécessité d’une éthique partagée : une grammaire du désaccord qui permette de critiquer, débattre, contester, tout en préservant le socle de loyauté envers le bien commun, les institutions légitimes et l’intégrité du territoire.

Dans cette perspective, l’héritage de la « vita activa » chez Hannah Arendt peut servir de référence : la vie politique comme espace où l’on apparaît ensemble, où l’on parle et agit devant les autres, où l’on prend part à la construction collective du monde commun. Appliquée au cas marocain, cette perspective invite à une re‑politisation de la société, non pas au sens d’une politisation partisane et antagoniste, mais comme retour à l’engagement, à la responsabilité, à la discipline du cœur et l’esprit, à la capacité de discernement face aux récits hostiles.

5. Souveraineté du récit et contre‑récits à spectre large

“La CAN l’a rappelé de manière éclatante : l’écart entre l’excellence organisationnelle et le déficit parfois frappant sur le terrain médiatique révèle une vulnérabilité structurelle”

Hamid Derrouich, docteur en science politique

À côté de la souveraineté territoriale, économique ou sécuritaire, s’impose de plus en plus une souveraineté narrative : la capacité d’un pays à produire, diffuser et défendre ses propres récits, à long terme, face à des tentatives de marginalisation, de caricature ou de captation de son image. La CAN au Maroc l’a rappelé de manière éclatante : l’écart entre l’excellence organisationnelle et le déficit parfois frappant sur le terrain médiatique révèle une vulnérabilité structurelle.

L’éveil en temps de paix suppose alors une politique systématique des récits et contre‑récits. En amont, l’éducation civique joue un rôle crucial : programmes scolaires, scoutisme, initiatives culturelles, narrations audiovisuelles et numériques peuvent contribuer à ancrer une compréhension fine de l’histoire nationale, des enjeux démocratiques, de la pensée critique et de la culture médiatique. Il s’agit d’apprendre à lire les récits, à identifier les biais, à repérer les manipulations, à distinguer l’information de la propagande.

Parallèlement, le renforcement du front intérieur passe par la consolidation de la cohésion nationale. L’architecture institutionnelle et culturelle du Maroc, centrée sur la monarchie, permet une concentration symbolique, politique et juridique de la souveraineté, qui joue un rôle de stabilisateur. Le leadership royal incarne un point de convergence où se reconnaissent des segments sociaux divers, des régions et des sensibilités multiples. Cette centralité ne signifie pas uniformité, mais capacité à ordonner la marche à suivre, à fixer un rythme et une direction.

La maîtrise des récits à spectre large concerne enfin les espaces numériques et médiatiques transnationaux. La fragmentation des réponses – réagir au coup par coup, uniquement quand une polémique surgit – condamne le pays à une guerre d’usure, toujours sur la défensive. Il ne suffit pas, par exemple, de démentir ponctuellement telle ou telle appropriation de patrimoine (comme la parenté du caftan) ou telle campagne de discrédit autour d’un projet d’infrastructure. Il faut au contraire instaurer une politique globale, articulant veille stratégique, détection des signaux faibles, cartographie des influenceurs, coordination entre diplomatie, médias, entreprises et société civile.

Cette politique doit embrasser l’ensemble des champs symboliques : patrimoine immatériel, arts culinaires, mode, musique, architecture, mais aussi hubs stratégiques (ports, aéroports, corridors logistiques), entreprises nationales (notamment dans les secteurs minier, bancaire ou énergétique), et grandes réalisations sportives. L’objectif est de transformer un éventuel isolement en vigilance partagée : faire en sorte que la défense du récit national ne repose pas seulement sur quelques institutions, mais sur un tissu élargi d’acteurs publics et privés, d’intellectuels, d’artistes, de journalistes, de diasporas.

En somme, la CAN au Maroc n’aura donc été ni une simple compétition sportive, ni une parenthèse festive sans lendemain. Elle s’inscrit dans une séquence historique où le sport devient un théâtre privilégié de la géopolitique, un amplificateur de récits, un laboratoire d’excellence organisationnelle et un test de souveraineté narrative. À travers l’euphorie, puis la blessure, c’est le rapport du Maroc à son propre temps, à son projet civilisationnel et à sa place dans le concert des nations qui s’est trouvé mis à l’épreuve. En assumant une temporalité linéaire, tournée vers l’avenir, le Royaume engage une quête d’excellence qui ne relève plus du luxe symbolique mais de l’impératif existentiel.

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