A la recherche de mon tortionnaire

Cinéma. Palme d’Or du Festival de Cannes 2024, le dernier film de Jafar Panahi est un véritable coup de poing. Le réalisateur iranien, qui a connu les geôles du régime des mollahs, met en scène l’histoire d’un homme, Vahid, un ancien détenu, qui croit croiser son ancien tortionnaire. Il veut se venger, mais le doute subsiste dans son esprit : il reconnaît la jambe boiteuse de l’homme et le son qu’elle émet lorsqu’il marche, mais il n’a jamais vu son visage. Et s’il faisait erreur et s’en prenait à un innocent ? Vahid s’engage alors dans un périple campé dans l’Iran d’aujourd’hui, rencontre d’anciens détenus qui ont eux aussi été torturés, afin d’essayer d’identifier l’homme. Un film courageux, qui dépeint les séquelles qui ne s’effacent jamais chez ceux qui ont survécu à un bourreau. Un simple accident a été tourné clandestinement à Téhéran. Précédemment incarcéré pour ses positions contre le régime, victime d’empoisonnements, Jafar Panahi a été condamné par contumace à un an de prison après la sortie de son dernier film, pour “activités de propagande” contre le régime.
Les 20 et 22 janvier au Théâtre 121 (Casablanca), les 22 et 24 janvier à la Cinémathèque de Tanger, les 25 et 27 janvier à l’Institut français de Rabat.
Chanter la révolution

Cinéma. En partenariat avec l’ambassade du Venezuela au Maroc, le cinéma Renaissance propose une projection spéciale du film Ali Primera, sorti en 2024. Le biopic réalisé par Daniel Yegres retrace le parcours du célèbre musicien vénézuélien, connu pour son militantisme socialiste et anti-impérialiste. Décédé en 1985, l’artiste avait, de son vivant, fait l’objet de nombreuses pressions politiques et tentatives d’attentat. A travers sa vie, le film retrace un pan de l’histoire du Venezuela, marqué par de fortes inégalités, une montée des tensions sociales, ainsi que de fortes interférences américaines. Ce qui a fait des chansons d’Ali Primera des chants contestataires contre l’impérialisme et pour la justice sociale. Un film qui résonne plus que jamais avec l’actualité de la Tierra de Gracia.
Le 19 janvier au Cinéma Renaissance, Rabat.
La carte blanche de Khtek

Concert. De janvier à juillet prochain, la rappeuse Khtek va parcourir le Maroc avec The X Tour, une tournée coproduite par l’Institut français. Chaque étape a été pensée comme une carte blanche : ce qui permet à la rappeuse marocaine, d’abord révélée par ses freestyles viraux sur les réseaux sociaux, de convier sur scène les artistes qui l’inspirent. Le line-up concocté par Khtek pour chaque concert ne sera dévoilé qu’un mois avant l’événement. Lauréate 2025 du programme Institut français du Maroc x Cité internationale des arts de Paris, la rappeuse, Houda de son vrai nom, fait dialoguer les scènes rap marocaines et françaises tout en propulsant les voix émergentes du royaume.
Le 24 janvier au Cinéma Renaissance, Rabat.
Un Italien à Tanger
Exposition. À Tanger, la Medina Art Gallery accueille l’univers de l’artiste italien Luciano Monti, avec son exposition “Ici et ailleurs”, directement inspirée de sa vie au Maroc. Formé à l’Académie des Beaux-arts de Brera à Milan, le peintre et sculpteur s’amuse à transformer des scènes familières du quotidien en métaphores. Ses toiles sont notamment conservées dans les collections du Musée La Permanente à Milan.
Du 15 au 29 janvier à la Medina Art Gallery, Tanger.
Avant le match, la musique
Concert. Pour le dernier week-end de la CAN, la fanzone d’Anfa Park mise tout sur son line-up, avec trois grosses têtes d’affiche. Le 17 janvier, Mister You, figure incontournable du rap français, investit la scène, suivi de Hamid El Kasri, maître emblématique du gnaoua, pour une soirée oscillant entre énergie urbaine et transe spirituelle. Le lendemain, c’est ElGrande Toto, qu’on ne présente plus, qui prend le relais avant la finale Maroc-Sénégal.
Les 17 et 18 janvier à Anfa Park, Casablanca.
