Dans la province d’Azilal, les manifestations se succèdent. Sécheresse, dérèglement climatique, effondrement des ressources naturelles… Ces menaces pèsent sur un niveau de vie déjà fragile. Le malaise est profond, le sentiment d’abandon palpable.

Je veux parler ici d’un projet magnifique, porteur d’avenir, mais qui n’a jamais été autorisé à déployer son potentiel : le Géoparc du M’Goun.
Géoparc : un levier de développement, pas un logo
Un Géoparc reconnu par l’UNESCO n’est pas un simple label accroché sur un panneau. C’est un outil majeur de développement territorial, chargé de :
- protéger et valoriser le patrimoine géologique, naturel et culturel ;
- créer des opportunités économiques locales : écotourisme, artisanat, agriculture, emploi des jeunes ;
- sensibiliser et éduquer la population, notamment les jeunes, aux enjeux environnementaux ;
- impliquer les communautés locales dans la gouvernance du territoire ;
- promouvoir la région dans le réseau mondial des géoparcs.
Un Géoparc doit être vivant, inclusif et fédérateur, au service des habitants et des générations futures.
Le cas du Géoparc du M’Goun : un potentiel saboté
La réalité, hélas, est tout autre. Le Géoparc du M’Goun a été confisqué par quelques personnes qui en ont fait un instrument de communication, particulièrement en période électorale.
Les assemblées générales (lorsqu’elles ont lieu) se déroulent à huis clos, sans transparence. Les acteurs locaux (associations, professionnels…) sont tenus à l’écart. Les habitants, eux, n’attendent plus rien d’un projet qui ne leur apporte ni espoir ni bénéfice.
Le bilan est accablant.
À part quelques panneaux métalliques éparpillées sur la province d’Azilal, rongés par le soleil qu’il faut sans cesse remplacer, gaspillant encore davantage d’argent public. Aucune action structurante, aucune stratégie, aucune vision n’a été mise en œuvre.
Sur les réseaux sociaux, le Géoparc se contente de partager des contenus d’autres Géoparcs internationaux. La raison est simple : il n’a aucune réalisation locale à présenter au public. Aucun projet concret, aucun contenu scientifique ou pédagogique, aucune identité propre.
La communication institutionnelle se résume aux photos du président de l’association lors de ses voyages à l’étranger… tandis que le territoire qu’il est censé représenter reste ignoré, voire méprisé.
Un patrimoine collectif confisqué
Il est incompréhensible et inacceptable qu’un bien public comme le Géoparc du M’Goun soit administré loin de son territoire, depuis Béni Mellal, alors que 100 % des sites géologiques et naturels se trouvent dans la province d’Azilal : traces de dinosaures, formations géologiques remarquables, paysages uniques du Haut Atlas central.
Ce Géoparc pourrait pourtant :
- dynamiser toute une région ;
- créer des emplois durables pour les jeunes et les femmes ;
- offrir des perspectives à des populations frappées par la pauvreté structurelle ;
- renforcer la fierté locale et la visibilité internationale du Haut Atlas.
Le silence est dangereux.
L’inaction, irresponsable.
Les autorités nationales doivent intervenir pour mettre fin à cette dérive.
Ce qu’il faut maintenant
Pour sauver le Géoparc du M’Goun et lui rendre sa vocation première, il est indispensable de :
- mettre fin à toute personnalisation du projet : un Géoparc est un bien public, pas une propriété privée ;
- instaurer une gouvernance démocratique et participative incluant véritablement la société civile, les opérateurs touristiques et les acteurs locaux (associations, coopératives etc.) ;
- garantir une transparence totale sur les budgets, les projets et les résultats ;
- élaborer un plan d’action clair, évalué régulièrement, axé sur l’emploi, la protection du patrimoine et le développement territorial durable.
Nous refusons que le Géoparc du M’Goun demeure un décor vide au service d’ambitions personnelles.
Nous voulons un Géoparc vivant, ancré dans son territoire, porté par ses habitants, capable d’ouvrir un horizon nouveau à toute une région.
Azilal mérite mieux.
Ses habitants aussi.
