Adopté dans la nuit du 8 décembre, le projet de loi 59.21 sur l’enseignement scolaire cristallise les tensions. À peine 128 députés,soit environ un tiers de l’effectif de la Chambre des représentants, étaient présents pour voter un texte pourtant censé réorganiser en profondeur l’enseignement scolaire. Quelques jours plus tôt, le deux décembre, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Saad Berrada, s’était présenté devant la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication au parlement. À l’ordre du jour : l’examen et le vote des amendements au projet de loi.
Le texte était, depuis plusieurs semaines déjà, au cœur de tensions diffuses, mais persistantes. Sa première version étant décrite, par plusieurs parlementaires, comme favorisant des opérateurs privés et porteuse d’une menace implicite pour la gratuité de l’enseignement public. L’attente était donc immense, et seuls des amendements pouvaient rééquilibrer le projet, clarifier la place de l’État et renforcer les garde-fous sociaux. Mais la séance, décrite par plusieurs députés comme verrouillée, n’avait intégré que des modifications de forme, rejetant en bloc les révisions de fond proposées par l’opposition.
