Écoles pionnières : vers une professionnalisation renforcée des enseignants

Ainsi, dans le cycle primaire, ce programme de formation a déjà mobilisé 75.000 enseignants, dont 23.000 dans le cycle collégial, tandis que 43.000 ont bénéficié d’une mise à jour de leurs compétences.

Par

DR

La formation des enseignants dans les écoles pionnières vise notamment à renforcer leurs compétences en enseignement explicite et en remédiation intensive, en particulier dans les disciplines fondamentales telles que l’arabe, le français et les mathématiques.

La formation, moteur de la réforme

« La pédagogie est devenue la locomotive de la réforme, le véritable moteur de la nouvelle école”

Ahmed El Karimi, directeur de la formation et du développement des compétences au ministère de l’Éducation nationale

Cette formation s’inscrit dans le cadre du modèle pédagogique Teaching at the Right Level (TARL – enseignement au bon niveau), qui met l’accent sur une approche structurée et personnalisée afin de remédier efficacement aux lacunes des élèves et d’améliorer leurs apprentissages de base.

“Nous avons désormais un programme spécifique structuré, qui engage les enseignants comme acteurs de la réforme”, explique Ahmed El Karimi, directeur de la formation et du développement des compétences au ministère de l’Éducation nationale. “Grâce à cela, la pédagogie est devenue la locomotive de la réforme, le véritable moteur de la nouvelle école”, poursuit-il.

Le ministère a également mis sur pied un réseau d’experts à différents échelons – central, régional et provincial – chargé de diffuser et d’accompagner la réforme. “Disposer de formateurs de haut niveau, répartis sur tout le territoire, permet à la fois d’assurer la pérennité du modèle et de faciliter son élargissement”, fait-il remarquer.

Des retours positifs

Du côté des enseignants, les retours sont jugés positifs. “À travers des outils comme les grilles de satisfaction ou les quiz d’évaluation, nous constatons que les enseignants apprécient la qualité des supports pédagogiques mis à leur disposition, l’accompagnement, mais aussi le fait que la formation débouche sur une certification”, souligne le responsable du ministère.

Cette reconnaissance nourrit la motivation et l’adhésion des enseignants, qui constatent aussi “un impact positif sur le niveau d’apprentissage des élèves”. Les formations sont assurées conjointement par les Académies régionales, les directions provinciales et les Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF).

À terme, les pratiques pionnières seront intégrées à la formation initiale. “Les futurs enseignants sortiront des CRMEF déjà formés aux nouvelles méthodes, ce qui accélérera la généralisation du modèle des écoles pionnières”, précise-t-il. Pour les prochains mois, le cap est mis sur la consolidation du dispositif et des compétences.

“Nous continuons à développer le dispositif, à l’améliorer et le mettre à jour, et à renforcer les capacités des décideurs aux niveaux central, régional, provincial, et des directeurs d’établissements”, conclut-il. Un programme est par exemple dédié aux directeurs provinciaux avec les partenaires du ministère, notamment la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).

Deux ans après le lancement des écoles et collèges pionniers, le ministère de l’Éducation nationale dresse un premier bilan encourageant sur la formation des enseignants. La réforme, inscrite dans la feuille de route 2022-2026, fait du volet pédagogique le véritable moteur de la nouvelle école.

à lire aussi