Au milieu des adolescents surdoués, c’est un homme de 65 ans qui a soulevé la Coupe du monde. La dernière ironie espagnole : ce triomphe de la jeunesse porte le visage du sélectionneur le plus âgé à avoir remporté le tournoi.
Luis De la Fuente n’est ni un sorcier apparu au bon moment, ni le gagnant d’un casting lancé après une élimination. Arrivé auprès des jeunes en 2013, il a remporté l’Euro U19 en 2015, l’Euro Espoirs en 2019, puis l’argent olympique à Tokyo avant de prendre l’équipe A. La Ligue des nations, l’Euro et le Mondial ont suivi.
De la Fuente a connu plusieurs champions avant que le marché ne leur ajoute des zéros. Il ne découvre pas ses joueurs : il les retrouve. L’Espagne a fait monter le dernier maillon de sa chaîne.

La Furia sans couronne
Le modèle espagnol n’est pas né d’une tradition de victoires. Pendant presque toute son histoire, la Roja a davantage intimidé qu’elle n’a gagné. Elle avait la furia, les grands noms et des clubs capables de régner sur l’Europe. Mais chez les A, avant 2008, son immense palmarès tenait dans une ligne : l’Euro 1964.
Les compétitions se suivaient et l’Espagne trouvait une nouvelle manière de rentrer trop tôt. Un quart de finale, des tirs au but, une injustice à ruminer : le folklore était bien installé.
