Hassan Ammari : “Choisir ses études, c’est déjà tracer sa trajectoire professionnelle”

Dr Hassan Ammari, responsable du recrutement à Sorbonne University Abu Dhabi, partage ses conseils pour faire des choix éclairés et bâtir un parcours cohérent.

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Quels sont les critères essentiels à prendre en compte avant de choisir son cursus et son pays d’études ?
Le choix d’un cursus universitaire à l’international repose d’abord sur la qualité académique. Il est important de vérifier les accréditations reconnues, comme l’AACSB pour les écoles de commerce, l’ABET pour l’ingénierie, ou EQUIS et AMBA pour le management. Les classements (QS, THE, Financial Times) permettent également d’évaluer objectivement une université selon les disciplines. Il faut aussi prêter attention aux partenariats internationaux, tels que les doubles diplômes ou programmes d’échange, ainsi qu’à la reconnaissance du diplôme par les autorités du pays d’origine. Enfin, le cadre de vie, la langue d’enseignement, le coût de la vie ou encore la sécurité sont des éléments à considérer.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant marocain qui hésite entre plusieurs destinations ?
Choisir ses études, c’est déjà tracer sa trajectoire professionnelle. Il faut donc définir clairement son objectif. Certaines destinations sont plus adaptées selon la langue de travail, le domaine visé ou la région où l’on souhaite évoluer. L’aisance linguistique est également cruciale : maîtriser la langue d’enseignement favorise la réussite. De nombreux pays non anglophones proposent des cursus en anglais, ce qui permet de progresser dans deux langues. Enfin, il est utile de comparer les perspectives d’emploi post-diplôme selon les pays et les secteurs.

Quels secteurs offrent aujourd’hui les meilleures perspectives d’employabilité ?
Les domaines liés à la technologie, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les transitions écologiques ou encore la finance responsable sont porteurs. Les métiers du coaching, de l’accompagnement du changement ou de la formation sont aussi en plein essor. Mais au-delà du domaine, ce sont les compétences transversales — comme la pensée critique, l’adaptabilité ou la communication interculturelle — qui font la différence.

Et les expériences hors cadre académique, ont-elles un réel impact ?
Absolument. Dès le lycée, un stage d’observation, même modeste, peut ouvrir des perspectives. Les universités proposent aussi des « taster courses » pour tester une filière. Plus tard, les stages, échanges, engagements associatifs ou projets personnels renforcent un dossier. Un bon conseil : constituez dès maintenant un portfolio. En arts ou design, documentez vos créations. En digital marketing, montrez vos projets sur les réseaux ou un site. En informatique ou data, partagez vos travaux sur GitHub. En business, participez à des concours ou projets entrepreneuriaux. Et pour les sciences sociales ou la santé, le volontariat ou les MUN (Model United Nations, Modèles des Nations Unies, ndlr) témoignent de votre engagement. Ces preuves concrètes font souvent la différence dans une candidature.