Selon le quotidien italien, le quadragénaire serait resté environ cinq minutes plaqué au sol, le thorax comprimé contre la chaussée, pendant que les policiers l’immobilisaient. Sa famille affirme par ailleurs qu’il souffrait d’asthme, un élément qui pourrait avoir aggravé son état.
L’autopsie, prévue ce vendredi, devra déterminer si cette compression thoracique est bien à l’origine du décès et établir si d’autres facteurs ont pu y contribuer. Des analyses toxicologiques sont également en cours afin de vérifier une éventuelle consommation de stupéfiants avant les faits.
Le parquet de Bologne poursuit son enquête pour homicide involontaire. Deux policiers, ainsi que quatre professionnels de santé intervenus après l’interpellation, font l’objet d’investigations visant à établir d’éventuelles responsabilités.
Parallèlement, une controverse est apparue sur les conditions d’intervention des secours. L’avocat des deux policiers affirme que ces derniers avaient demandé à deux reprises l’envoi d’une ambulance médicalisée pour une personne en « crise psychiatrique ». Une version contestée par l’Agence sanitaire locale de Bologne, qui dément avoir reçu une telle demande.
Pour rappel,Abderrahim Fakir, Marocain de 42 ans installé en Italie depuis son enfance, est décédé le 19 juillet dans le quartier du Pilastro à Bologne après avoir été immobilisé face contre terre lors d’une intervention policière. L’affaire a suscité une vive émotion en Italie, où une enquête pour homicide involontaire a été ouverte, ainsi que des manifestations à Bologne. Le dossier est également devenu un sujet politique, en raison de l’application du nouveau « bouclier pénal » (« scudo penale ») instauré par le gouvernement de Giorgia Meloni. De son côté, le Maroc suit l’affaire de près par l’intermédiaire de son ambassade à Rome et de son consulat général à Bologne, qui accompagnent la famille et suivent l’évolution de la procédure judiciaire.
Une nouvelle manifestation réclamant « justice » pour Abderrahim Fakir est par ailleurs annoncée dimanche dans le quartier du Pilastro, où les faits se sont produits, selon Il Messaggero.
