La rencontre s’est tenue au Consulat général d’Italie à Casablanca. Les deux diplomates ont présenté, au nom du gouvernement italien, leurs condoléances et exprimé leur proximité avec la famille. Ils ont réaffirmé la pleine disponibilité de l’ambassade et du consulat général pour accompagner la famille dans les prochaines étapes de cette épreuve.
Rappel des faits
Abderrahim Fakir, Marocain de 42 ans établi en Italie depuis l’enfance, est mort le dimanche 19 juillet dans le quartier du Pilastro à Bologne, sous le poids de deux policiers qui l’immobilisaient face contre terre lors d’une intervention routinière. Signalé comme étant en état d’agitation, il n’était ni armé ni recherché. Les images de son interpellation, sur lesquelles on l’entend crier « à l’aide », ont fait le tour des réseaux sociaux et suscité une vive émotion en Italie.
Le parquet de Bologne a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire visant six personnes — les deux policiers et quatre secouristes de la Croix-Rouge présents sur place — sans qu’elles soient formellement mises en examen. Le dossier constitue le premier grand test politique du « bouclier pénal » (scudo penale), dispositif introduit en février 2026 par le gouvernement Meloni, qui permet de différer l’inscription des mis en cause au registre judiciaire lorsqu’une cause de justification paraît évidente.
Les premiers examens médico-légaux, selon Il Messaggero, renforcent l’hypothèse d’une mort par asphyxie : Fakir serait resté environ cinq minutes plaqué au sol, le thorax comprimé contre la chaussée. Sa famille indique qu’il souffrait d’asthme. Une controverse est par ailleurs apparue sur les conditions d’envoi des secours, l’avocat des policiers affirmant qu’une ambulance médicalisée avait été demandée à deux reprises, ce que dément l’Agence sanitaire locale de Bologne. L’autopsie était prévue vendredi.
L’affaire a également pris une tournure politique et diplomatique en Italie, avec un rassemblement réunissant environ 5 000 personnes à Bologne le 20 juillet, suivi d’échauffourées ayant fait 64 blessés parmi les agents. Le Maroc suit le dossier de près depuis les premiers jours par l’intermédiaire de son ambassade à Rome et de son consulat général à Bologne, qui accompagnent la famille dans les démarches liées au rapatriement du corps.
