Adil Bennani, l’homme qui fait rouler les marques automobiles

Sa carrière est une leçon de management interculturel. Il a occupé des postes de direction chez Toyota d’abord, puis chez Mercedes-Benz et BYD : trois multinationales, trois approches, dont il maîtrise le subtil équilibre. Pour Adil Bennani, la meilleure méthode est un savant mélange des trois. Et c’est précisément celle qu’il applique.

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Adil Bennani n’est plus à présenter. Il cumule près de trois décennies dans le secteur automobile. Petit rappel tout de même de ses multiples casquettes actuelles : directeur général d’Autonejma Mercedes-Benz au Maroc, président de l’AIVAM (Association des importateurs de véhicules au Maroc), vice-président de la Fédération automobile, administrateur à la NARSA et directeur de BYD Maroc.

Hors-piste

Quelle trajectoire fallait-il suivre pour en arriver là ? « C’est une longue histoire », nous répond-il. Et il n’a pas tort. Nous sommes en 1998 lorsqu’un chasseur de têtes le repère à Paris pour lui proposer un poste à responsabilité dans une multinationale souhaitant développer ses activités au Maroc. Il s’agit alors du groupe Abdul Latif Jameel, basé en Arabie saoudite. « J’étais responsable marketing depuis six ans dans une maison d’édition professionnelle, après avoir obtenu mon diplôme à la Paris School of Business et un MBA à la Sorbonne. Mon rôle était de piloter la transition digitale de l’entreprise, côté commercial et marketing. »

Séduit par l’approche, Adil Bennani accepte l’entretien, mais décline l’offre d’intégrer un programme de « management trainee » de 18 à 24 mois avant d’accéder à un poste de direction. Un second entretien est alors organisé, cette fois avec le patron de l’Overseas, qui le convainc de visiter le groupe en Arabie saoudite durant deux jours. Ce ne sera pas suffisant. Finalement, après plus de six mois de discussions, il signe pour diriger une division de la pneumatique chez Toyota au Maroc : « Le groupe venait d’intégrer la carte Yokohama et cherchait un responsable pour la développer ». 

École japonaise

Le jeune cadre gravit les échelons de Toyota Maroc et se voit proposer le poste de directeur commercial en 2001. « Nous avons fait passer les ventes de 500 à 9 000 véhicules par an, avec la première place du marché en 2005 et 2006, devant les grands constructeurs européens de l’époque », se souvient-il. Fin 2006, il est promu directeur général. Il a alors 33 ans. Adil Bennani occupera ce poste pendant douze années, marquées à la fois par des défis et de grandes réussites.

“L’école japonaise a façonné ma vie, autant personnelle que professionnelle. J’ai appris l’importance des process, de la planification, du Kaizen et du respect des autres.J’ai éduqué mes enfants un peu à la japonaise, et honnêtement, j’en suis très satisfait !”

Adil Bennani

Qu’a-t-il retenu de l’école japonaise ? « Elle a façonné ma vie, autant personnelle que professionnelle. J’ai appris l’importance des process, de la planification (toujours), du Kaizen (ou amélioration continue) et du respect des autres. J’ai éduqué mes enfants un peu à la japonaise, et honnêtement, j’en suis très satisfait ! ». À ce sujet, il cite Carly Fiorina, ex-CEO de HP : « Leadership is like parenting: it’s a long process of pulling back (« Le leadership, c’est comme être parent : un long processus de retrait progressif. »). »

Après 20 ans passés chez Toyota Maroc, Adil Bennani change de cap en mars 2018 pour prendre la direction d’Autonejma, avec pour mission le développement du groupe. « En six ans, l’entreprise a quasiment doublé ses résultats et se prépare à jouer les premiers rôles sur le marché. »

Le directeur général de Mercedes-Benz et Daimler Trucks Maroc a également piloté l’introduction de BYD sur le marché marocain depuis fin 2023, un constructeur qui dispose aujourd’hui de « la plus grande force de frappe au monde en matière de recherche et développement : plus de 100 000 ingénieurs. Les Chinois ont une capacité de travail exceptionnelle et une agilité impressionnante ».